RDC : Provinces de l’Ituri, Nord-Kivu et Sud-Kivu : une crise humanitaire qui persiste malgré les interventions
Goma, le 22 mai 2026 (caritasdev.cd) : la situation humanitaire reste particulièrement préoccupante dans les provinces de l’Ituri, du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, où les violences armées, les déplacements massifs de populations et les difficultés d’accès continuent d’aggraver les besoins humanitaires.
Le rapport de OCHA RDC, parvenu à caritasdev.cd, fait savoir qu’environ 3,6 millions de personnes ont été assistés au cours du premier trimestre 2026, soit près de 38% des personnes ciblées dans le cadre du plan de réponse humanitaire (HNRP 2026).
Cette crise touche désormais des millions de personnes. Les estimations font état de plus de 5,7 millions de déplacés internes en République Démocratique du Congo et plus de 5,9 millions de personnes en insécurité alimentaire. Ces chiffres illustrent l’ampleur de la crise et la pression croissante sur les communautés d’accueil.
Un financement insuffisant face à l’ampleur des besoins
Les 1,4 milliard de dollars nécessaire pour répondre aux besoins humanitaires en 2026, seulement 424,5 millions de dollars ont été mobilisés, soit un taux de financement de 30,2%. Ce déficit important limite fortement la couverture des interventions sur le terrain.
Des secteurs humanitaires sous pression
Les interventions ont principalement concerné : la sécurité alimentaire : 1,9 millions de personnes, la santé : 907 000 personnes, l’eau, hygiène et assainissement (WASH, la nutrition : 614 000 personnes et la protection : 490 000 personnes.
Malgré ces efforts, plusieurs secteurs restent très en retard ; notamment dans le secteur de l’éducation. On signale qu’il y a 5,2% de la cible atteinte, abris et articles ménagers essentiels 21,5%, et le transfert monétaire 7,2%. Ces faiblesses s’expliquent principalement par le manque de financement et les contraintes d’accès dans les zones affectées par les conflits.
Dans ces trois provinces, la situation reste marquée par des affrontements armés récurrents, des déplacements massifs de populations, des restrictions d’accès humanitaire, la destruction et l’abandon de villages entiers.
En Ituri, notamment dans le territoire de Djugu, l’insécurité persistante continue d’exposer les civils à des violences et limite fortement l’accès aux champs ainsi qu’à l’aide humanitaire.
Au Nord-Kivu, l’instabilité de la situation sécuritaire provoque des déplacements continus de population, avec des besoins croissants en abris, soins de Santé et protection.
Au Sud-Kivu, les affrontements dans les hauts plateaux de Fizi, Uvira et Mwenga aggravent davantage la situation des déplacés et des retournés, déjà confortés à une grande précarité.
Un risque de détérioration continue, les acteurs humanitaires alertent sur un risque élevé de rupture des services essentiels, lié à l’épuisement de stocks et à la fermeture des plusieurs projets de financement.
Sans renforcement rapide des ressources, la réponse humanitaire pourrait devenir insuffisante face à l’intensité des besoins dans l’Est du pays.
Ainsi, la situation humanitaire en Ituri, au Nord-Kivu et au Sud-Kivu demeure critique et préoccupante. Malgré les efforts déployés par les acteurs humanitaires, les besoins continuent de dépasser largement la capacité de réponse, appelant à une mobilisation urgente de la communauté internationale et des partenaires humanitaire.
Nelly Zinga (stagiaire)

