10ème anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des peuples Autochtones : un fossé encore à combler, malgré des progrès notables
Kinshasa, le 13 septembre 2017 (caritasdev.cd) : Le monde entier commémore ce mercredi le 10ème anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.
Kinshasa, le 13 septembre 2017 (caritasdev.cd) : Le monde entier commémore ce mercredi le 10ème anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones.
Cette Déclaration constitue l’instrument international le plus complet sur les droits des peuples autochtones. Elle représente un consensus mondial sur les droits des peuples autochtones et met en place un cadre universel de normes minimales nécessaires à leur survie, à leur dignité et à leur bien-être. Adoptée le 13 septembre 2007 à la 107ème séance plénière de l’Assemblée Générale de l’ONU, cette déclaration décrit en détails les normes existantes sur les droits de l’homme et les libertés fondamentales s’appliquant à la situation spécifique des peuples autochtones. Elle compte 46 articles.
Bien qu’il y ait eu des progrès notables dans la mise en œuvre de la Déclaration au cours de la dernière décennie, il reste encore un fossé à combler entre la reconnaissance officielle des peuples autochtones et la mise en œuvre de politiques sur le terrain. Comme résultat, les peuples autochtones continuent d’être les victimes d’exclusion, de marginalisation et de difficultés majeures pour jouir de leurs droits fondamentaux, estiment les Nations Unies.
Pour rappel, l’article 1er stipule que « les peuples autochtones ont le droit, à titre collectif ou individuel, de jouir pleinement de l’ensemble des droits de l’homme et des libertés fondamentales reconnus par la Charte de l’homme et le droit international relatif aux droits de l’homme ». L’article 2 insiste sur le fait que « les autochtones, peuples et individus, sont libres et égaux à tous les autres et ont le droit de ne faire l’objet, dans l’exercice de leurs droits, d’aucune forme de discrimination fondée, en particulier, sur leur origine ou leur identité autochtones ».
Il sied de souligner que cette commémoration est précédée par celle de la Journée Internationale des Peuples Autochtones, célébrée le 09 août de chaque année.
La Journée Internationale des Peuples Autochtones 2017 célébrée à Kinshasa
La Dynamique des Groupes des Peuples Autochtones (DGPA) et le Réseau des Peuples Autochtones et Locales pour la gestion durables des Ecosystèmes Forestiers de la RDC (REPALEF) ont célébré la Journée Internationale des Peuples Autochtones le 9 août 2017 au Chapiteau du Pullman Hôtel à Kinshasa. Pour cette année, le thème international est le « dixième anniversaire de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (DNUDPA) ».
Au niveau national, l’objectif de cette journée a été de fixer l’opinion tant au niveau national qu’international sur la journée international dédié par les Nations Unies aux Peuples autochtones ; de faire le bilan de dix ans d’existence de la Déclaration des Nations Unies sur les droits es peuples autochtones ; de renforcer les synergies existantes sur la question autochtone en RDC et de lancer officiellement l’organisation de la 3ème édition du Festival International des Peuples Autochtones (FIPA) pour l’année 2018, rapporte caritasdev.cd.
La célébration a été ouverte par le discours de Mr Justin BITAKWIRI, ministre du développement rural. Il a rappelé dans son discours que le Gouvernement congolais et la Communauté internationale ont reconnu que les mesures particulières devraient être mises en œuvre enfin de protéger les droits des Peuples Autochtones.
Force est de souligner que cette célébration s’est organisée grâce à l’appui financier du Dedicated Grant Mechanism (DGM/Banque Mondiale), de la Rainforest Foundation Norway (RFN) et du Fond Mondial pour la Nature (WWF). La Caritas Congo Asbl est l’Agence d’Exécution Nationale du projet DGM.
Plusieurs personnalités ont pris part à cette Célébration. Parmi celles-ci, on peut citer le ministre du Développement rural, les représentants des ministères de droits humains des affaires coutumières, les PA vivant dans la province de Kinshasa, les représentants des organisations des PA, le WWF, etc.
Quelques activités ont marqué cette journée entre autre : le bilan sur les dix ans d’existence de la DNUDPA, point de presse sur la JIPA, démonstration culturelle avec le groupe Bokoko na biso.
Au cours de cette journée, il a été aussi question de renforcer les synergies existantes sur la question autochtone en RDC, et lancer officiellement la 3ème édition du Festival International des Peuples Autochtones.
Pour ce qui est du bilan, les Organisations autochtones ont présenté les réalisations et perspectives déjà faites pendant ces dix dernières années. Le groupe culturel Bokoko na biso a rendu cette célébration très captivante. Au cours de ladite célébration, la DGPA a lancé un message concernant la projection de la 3ème édition du Festival International des Peuples Autochtones. Cette dernière aura lieu à Kinshasa, capitale de la RDC en 2018.
Prenant la parole à cette occasion, monsieur Mpia BIKOPO, Coordonnateur du RL/MEPA a posé le problème d’injustice. « Nous sommes très contents parce que le Gouvernement congolais a reconnu ses limites. Nous voulons que le Gouvernement puisse nous accompagner en reconnaissant nos droits au nom de la légalité et de la justice. Aucun pygmée ne se trouve dans le gouvernement congolais. Cette journée nous permet d’exprimer notre volonté de participer à la reconstruction de ce pays ». Il a poursuivi en disant au nom de tous les Peuples autochtones (PA) : « nous demandons au Gouvernement congolais d’accompagner les organisations autochtones et de donner les moyens pour faciliter à obtenir le document juridique, vu qu’à un certain moment les portes sont fermées alors que nous avons d’expertise en matière des ressources naturelles où nous pouvons accompagner le Gouvernement ».
Par ailleurs, le Coordonnateur de la DGPA Patrick SAIDI a souligné que cette célébration a une connotation particulière. Car elle est une occasion pour les organisations autochtones et les Peuples Autochtones de procéder à une évaluation sur les avancés et sur les barrières de la mise en ouvres de l’outil juridique. Patrick SAIDI a signalé que cette célébration ne s’est pas limitée seulement dans la capitale de Kinshasa mais aussi dans les 19 Territoires où sont menées les actions concrètes du Projet d’Appui aux Communautés Dépendantes de la Forêt (PACDF).
En parlant de ressources naturelles et la gestion de forêt, le coordonnateur de la DGPA a fait savoir que les peuples autochtones sont les gestionnaires par excellence de ces ressources. La lutte actuelle auprès du Gouvernement congolais et à d’autres parties prenantes est de voir comment les emmener à la reconnaissance et à la valorisation de cette gestion. Il a poursuivi en disant qu’il serait souhaitable que cette gestion soit intégrée dans les textes juridiques et l’accompagner avec un appui financier.
Paris MONA & Guy-Marin Kamandji
