Sud-Kivu : l’Abbé Dominique Kajabika plaide pour plus d’appuis des Partenaires à la Caritas Uvira face aux effets des conflits armés sur la population
Uvira, le 13 juin 2023 (caritasdev.cd) : Coordinateur de la Caritas-Développement Uvira, dans la Province du Sud-Kivu, l’Abbé Dominique Mulume-Oderhwa Kajabika, plaide pour plus d’appuis des Partenaires pour renforcer les interventions de sa Structure face aux effets néfastes des conflits armés dans son diocèse. En fait, le Diocèse d’Uvira est situé à l’Est de la RDC, plus précisément dans la Province du Sud-Kivu. La Caritas-Développement Uvira (CDU) couvre 3 Zones pastorales, s’étendant sur trois Territoires : Fizi, Mwenga et Uvira, avec une superficie de 36.000 km2 et une population estimée à plus ou moins 2.000.000 d’habitants.
Uvira, le 13 juin 2023 (caritasdev.cd) : Coordinateur de la Caritas-Développement Uvira, dans la Province du Sud-Kivu, l’Abbé Dominique Mulume-Oderhwa Kajabika, plaide pour plus d’appuis des Partenaires pour renforcer les interventions de sa Structure face aux effets néfastes des conflits armés dans son diocèse. En fait, le Diocèse d’Uvira est situé à l’Est de la RDC, plus précisément dans la Province du Sud-Kivu. La Caritas-Développement Uvira (CDU) couvre 3 Zones pastorales, s’étendant sur trois Territoires : Fizi, Mwenga et Uvira, avec une superficie de 36.000 km2 et une population estimée à plus ou moins 2.000.000 d’habitants.
Des déplacés tant des guerres que des catastrophes naturelles
C’est donc un tableau sombre que le Coordinateur de la Caritas-Développement Uvira a dressé, lors d’un entretien lundi 13 juin 2023 avec caritasdev.cd à Kinshasa, où il séjourne. En effet, les Moyens et Hauts Plateaux d’Uvira, les Moyens Plateaux de Fizi, Itombwe et Ngando à Mwenga sont les zones en guerre avec une activité presque permanente des groupes armés ainsi que les conflits interethniques.
Cette situation a des impacts considérables et bien visibles dans les zones où il n’y a manifestement pas guerre, notamment les mouvements de populations, la concentration démographique, entrainant la pénurie en denrées alimentaires, la dégradation des conditions socioéconomiques, etc. Dans ces zones, il faut aussi noter, des catastrophes naturelles (éboulement dans les carrés miniers, glissement des montagnes, inondations, montée des eaux du lac Tanganyika, etc.

L’Abbé Dominique Mulume-Oderhwa a indiqué que Uvira et Fizi sont des zones qui, actuellement, regorgent des déplacés victimes, non seulement des conflits intercommunautaires et groupes armés, mais aussi des inondations qui ont frappés ces régions durant les mois d’avril et mai 2023.
Réponse de la Caritas-Développement Uvira
Pour répondre à ces besoins des populations, la CDU intervient à travers les assistances alimentaires, en Articles Ménagers Essentiels (AME) et Abris, selon la disponibilité des moyens. « Le principal outil à notre disposition est la sensibilisation de la communauté locale par l’intermédiaire des Comités Paroissiaux de Caritas-Développement (CPCD) », a souligné le prêtre. Mais, c’est loin d’être suffisant face aux énormes besoins exprimés sur le terrain.
Les actions les plus marquantes de la Caritas-Développement Uvira à l’issue de l’année 2022-2023 ont été les interventions réalisées à travers différents projets. Il s’agit notamment de Wash Mwenga et hauts plateaux où la CDU a apporté un soutien aux bénéficiaires qui avaient plus que besoin de cet appui en Eau-Hygiène-Assainissement (WASH) ; de l’assistance alimentaire et en AME soutenue par la Caritas Espagne, et aussi le SVGB dans le territoire de Fizi, malgré la grande distance et l’état de délabrement avancé de la route.

Notons également que la CDU compte des projets qui sont actuellement en cours. C’est le cas du projet d’accès à l’éducation des jeunes, la lutte contre l’esclavage moderne, MEDAC/fonds social, ainsi que la lutte contre les violences basées sur le genre (SGVB).
Caritas-Développement Uvira en bref
La Caritas-Développement Uvira, CDU en sigle, à l’instar des autres Caritas, est un instrument de la pastorale sociale de l’Eglise Catholique d’Uvira, dont la date d’établissement remonte vers 1992. Elle fonctionne avec 2 secteurs, notamment les Urgences et le Bureau Diocésain de Développement (BDD). A côté de ces secteurs, il existe les services d’appui à la coordination (Administration et financement, Secrétariat, Ressources humaines, Mobilisation des fonds, Logistique et Comptabilité).
La Caritas s’assigne comme mission d’augmenter, par la réflexion et l’action (animation, formation, accompagnement et assistance ponctuelle), l’efficacité de la contribution de l’Eglise aux efforts de la promotion intégrale de la personne humaine et de toute la communauté, conformément à la doctrine sociale de l’Eglise, notamment de mener cette communauté et chacun de ses membres à l’accroissement de la charité et de la solidarité ainsi que de la promotion de l’homme par lui-même.
Des moyens insuffisants malgré le modeste appui des fidèles
Quant à la mobilisation et la sensibilisation des fidèles en faveur de démunis, cela se fait à partir d’une journée appelée JOURNEE CARITAS où une quête spéciale est organisée dans toutes les paroisses, pendant la période de carême, à la journée des pauvres ainsi que spontanément selon les urgences qui surgissent (inondation, éboulement,), bien que la population soit pauvre. Les apports sont en espèce et en nature.
Par ailleurs, les difficultés liées à ce travail sont légion, et celles-ci empêchent le bon déroulement des activités ainsi que des missions menées par la CDU.
« Parmi les difficultés éprouvées, nous avons entre autres le manque de moyens pour couvrir la multiplicité des besoins de nos communautés, le manque de financement, manque d’une Caritas sœur pour nous accompagner, les routes très délabrées qui ne facilitent pas l’accès à toutes les zones d’intervention de la CDU. Nous y allons, mais avec beaucoup de peines. Le manque de véhicules adaptés à la situation actuelle. Chaque fois que nous engageons nos vieux véhicules sur le terrain, surtout à Mwenga et à Fizi, ils reviennent avec des pannes parfois difficiles à réparer », a déclaré l’abbé Dominique.
Message aux Partenaires
Face à ces difficultés, « le grand message que nous pouvons ajouter ici est une demande à notre Caritas-mère, la Caritas Congo, asbl. Qu’elle poursuive les plaidoyers auprès des bailleurs et partenaires, en faveur de la population desservie par la Caritas-Développement Uvira (CDU). Nous avons parfois l’impression que la CDU et sa population sont complètement oubliées lors des interventions. Malgré les alertes lancées, mais rien n’est fait, contrairement aux autres endroits », a déploré le prêtre. Et de poursuivre : « Lors de l’éruption volcanique à Goma, Uvira était aussi sinistré, mais tous les efforts ont été orientés vers Goma. Dernièrement, lors de la tragédie de Kalehe, que nous avons tous décriée, plusieurs milliers de personnes passaient des nuits sous la belle étoile, fuyant soit les inondations, soit les conflits armés. Pourtant l’aide a fusé de partout pour Kalehe. La réponse pour Uvira était : « désolé, Kalehe d’abord ».
« Et pourtant, les populations des trois territoires que nous couvrons, et les déplacés ainsi que réfugiés qui s’y installent, et que nous accompagnons, sont des êtres humains qui ont aussi droit au bien-être, à la vie », a conclu l’abbé Dominique Mulume-Oderhwa Kajabika.
Arsène Mitungulu (Stagiaire) et Guy-Marin Kamandji
