SECAL III de Caritas change des vies : le témoignage inspirant de Manara Yuma à Malela/Maniema
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Kindu, le 22 décembre 2025 (caritasdev.cd) – Manara Yuma, la trentaine révolue, vit au Groupement Kazadi, avenue Mission, à Malela, village situé à 210 km de Kindu. Marié à Mme Mwayuma et père de deux enfants, il est membre de l’Organisation Paysanne (OP) Umoja wa salama, mise en place et encadrée par Caritas-Développement Kindu.
Adhérent depuis le 1er janvier 2023, il témoigne aujourd’hui de l’impact tangible de cette association sur la vie de sa famille. Son récit, livré le 19 décembre 2025 à caritasdev.cd, illustre les effets positifs du programme SECAL III, financé par NORAD/Caritas Norvège, qui vise à améliorer la sécurité alimentaire et réduire la pauvreté dans les territoires de Kasongo, Lubero, Kasangulu et Kongolo.
Une adhésion motivée par la sensibilisation
« C’est la sensibilisation de l’Animateur sur la mission de la Caritas et le bien-fondé de ce projet qui m’ont emmené à adhérer à cette association. Il nous a conseillé de former un groupe et à lui trouver une dénomination. Nous avons ainsi choisi Umoya wa salama (Ndlr : l’unité procure la paix). Ce groupe vise à obtenir des changements positifs de votre vie. Vous saurez faire ce qui vous était inconnu, pour celui qui est intelligent, avait-il indiqué. Voilà pourquoi nous y sommes. »
Rapidement, Manara découvre les avantages de l’Association Villageoise de Crédit et d’Épargne (AVEC) : possibilité d’épargner avec intérêts et d’accéder à des crédits locaux, sans devoir se rendre à Kindu, distante de 210 km.
Production agricole et biens de valeur
Grâce aux formations reçues, il a transformé ses pratiques agricoles. « Avant, je plantais en désordre dans les champs. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. En réalité, notre production actuelle avec le semis en ligne est supérieure à celle d’avant. À titre illustratif, sur 50 mètres carrés, en plantant en désordre, je récoltais cinq sacs de riz. Mais, grâce aux techniques apprises de la Caritas, je produis 6 à 7 sacs. »
Il a également diversifié ses cultures : orangers, caféiers et avocatiers. Les bénéfices de l’épargne lui ont permis d’acquérir des biens durables : « L’argent que j’ai reçu m’a permis d’acquérir les biens qui sont ici. Cette acquisition respecte les conseils nous prodigués, de laisser une trace de l’argent issu de notre épargne. »
Des réunions mensuelles fructueuses : de 300.000 à 525.000 FC
Chaque 7 du mois, les membres se réunissent pour déposer leurs contributions. « Moi, je dépose pour cinq parts (fiches), comme Caritas nous a conseillé. Voilà pourquoi au partage, j’ai pu acheter tous ces biens. »
Parmi ses acquisitions : une presse à huile manuelle que j’ai achetée à 200.000 FC, soit environ 90 dollars US. Pour bien comprendre ma satisfaction, je note que j’avais obtenu 105.000 FC à la fin de l’exercice pour un épargne de 60.000 FC (soit 5.000 FC le mois). Or, moi, j’avais cinq parts. Nous avons jugé que cette association est très bénéfique, car elle nous permet de générer des intérêts plantureux. En effet, j’avais obtenu en tout 525.000 FC (environ 227 $ US). Grâce à ce montant, j’ai acheté cette presse à huile à 200.000 FC, le thermos à 75.000 FC (pour conserver la nourriture à chaud), un jet d'assiettes à 80.000 FC et un autre à 50.000 FC. Les jours qui ont suivi, ma famille et moi avons très bien mangé, de la nourriture de notre choix ».
Il sied de signaler qu’une fois installée, la presse à huile est généralement mise à la disposition de toute la communauté. Quiconque fait presser un fut de 200 litres d’huile de palme, laisse trois bouteilles de 75 Cl, soit environ 2,25 litres, à son propriétaire.
Les défis persistants
Malgré ces avancées, Manara souligne les difficultés liées au transport : « Le moyen de transport est un casse-tête pour nous ici. Nous appliquons les conseils de l’Animateur de Caritas et nous nous en réjouissons. Hélas, comment évacuer nos produits à Kindu : la route est très délabrée. »
Vers une vie plus aisée

Son prochain objectif est d’améliorer son logement : « Je ne suis pas locataire. Cette maison m’appartient. Avoir une maison en tôles vous épargne des suintements de l’eau de pluie. »
Il plaide également pour un appui matériel : « N’y aurait-il pas moyen de nous obtenir un tracteur pour nous appuyer dans notre travail de champ et reposer un peu le corps, qui se fatigue. Comme vous me voyez ici, je suis même malade ; suite aux travaux champêtres, notamment pour la préparation du sol. »
Une vision durable
Enfin, il conclut sur une note d’espoir : « Grâce à l’expérience que j’ai acquise de Caritas sur divers domaines, je saurais non seulement la perpétuer, mais aussi la transmettre aux autres membres de notre communauté. »
Guy-Marin Kamandji(De retour de Malela)
