"Les images sont insoutenables": en RD Congo, un nouveau massacre des ADF fait 43 morts
Mambassa, le 07 avril 2026 (caritasdev.cd) : Quarante-trois personnes ont été tuées dans une attaque attribuée aux rebelles ADF liés à l'État islamique dans une localité du nord-est de la République démocratique du Congo, a affirmé l'armée congolaise, ce jeudi 2 avril. L'est du pays est en proie à des violences depuis plus de trente ans.
Des corps sans vie abandonnés à terre, des habitations réduites en cendres… la République Démocratique du Congo est une fois de plus plongée dans le deuil après une attaque brutale survenue dans le village de Bafwakoa, en Ituri. Des images amateurs, diffusées ce jeudi 2 avril sur les réseaux sociaux, témoignent de ces scènes macabres.

Ce massacre, qui a coûté la vie à 43 personnes, est attribué aux Forces Démocratiques Alliées (ADF), un groupe djihadiste actif dans la région de Mambasa et affilié à l'État islamique. Selon l'armée congolaise, l'attaque s'est déroulée dans la nuit de mercredi à jeudi sur la route nationale n°4, reliant Kisangani à la province de l'Ituri, dans l'est de la RD Congo. En plus des pertes humaines, 44 maisons ont été incendiées, un acte que les forces armées congolaises qualifient de "barbare" et de "violence aveugle".
Des boucliers humains
Les assaillants ont "surpris la population" dans son sommeil, "les victimes ont été tuées par arme à feu et plusieurs ont été décapitées. Les images sont insoutenables", a-t-il déclaré Jospin Paluku, représentant d'une organisation de la société civile locale. Selon lui, plusieurs habitants ont aussi été enlevés par les ADF.
Le groupe djihadiste est connu pour recruter de force des femmes et des enfants qui sont notamment utilisés comme boucliers humains et auxiliaires dans des camps isolés en forêt, où les forces congolaises et l'armée ougandaise peinent à les traquer.
Dans un communiqué, les forces armées congolaises ont annoncé un renforcement de la sécurité dans la région, avec des opérations militaires ciblées. Malgré les efforts conjoints des troupes congolaises et ougandaises pour lutter contre les ADF, cette attaque soulève des questions sur l'efficacité de ces opérations. Depuis 2021, l'armée ougandaise s'est déployée dans la partie nord du Nord-Kivu et dans certaines zones de l'Ituri, pour combattre les ADF aux côtés de l'armée congolaise. Mais l'opération conjointe, baptisée "Shujaa", n'a pas mis fin aux violences.
La stratégie militaire fustigée
Les représentants de la société civile appellent à une réévaluation de la stratégie militaire. "Nous avons une collaboration normalement parfaite entre l'armée congolaise et l'armée ougandaise mais elle ne semble plus être efficace", déplore à TV5MONDE Shabani Loswire, militant du mouvement citoyen La Lucha à Beni.
Avec TV5 Monde
