Évolution de la situation humanitaire dans le Nord-Kivu : baisse des incidents contre les humanitaires mais insécurité persistante
Kinshasa, le 08 mai 2026 (caritasdev.cd) : Entre janvier et mars 2026, plus de 201 743 personnes ont été nouvellement déplacées dans la province du Nord-Kivu, soit plus du double des chiffres de la même période en 2025 (96 074), fait savoir le rapport de l’OCHA parvenu à Caritasdev.cd jeudi 07 mai 2026.
Ce rapport révèle aussi que les territoires les plus touchés sont Walikale (47 900 déplacés), Masisi (38 400) et Rutshuru (28 300). À l’inverse, Beni a enregistré une baisse notable, avec 9 000 déplacés contre 48 100 l’année précédente.
La pression sanitaire s’est accentuée avec une recrudescence de la rougeole : 9 517 cas recensés en 2026 contre 4 115 en 2025. Le choléra a également touché 2 708 personnes depuis janvier, tandis que les cas de Mpox ont fortement diminué (697 contre 3 802 en 2025).
Insécurité alimentaire et éducation fragilisée
Près de 3,9 millions de personnes sont en insécurité alimentaire aiguë dans le Nord-Kivu. Les territoires de Beni, Lubero, Walikale et Masisi figurent parmi les plus affectés. Sur le plan éducatif, 15 écoles et 14 salles de classe ont été endommagées par des catastrophes naturelles, impactant plus de 3 270 élèves, dont une majorité de filles à Goma (61,4 %).
Baisse des incidents contre les humanitaires en mars, mais la menace reste élevée dans l’Est de la RDC
Après une recrudescence en février, le nombre d’incidents visant les acteurs humanitaires dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) a enregistré une baisse en mars, passant de 46 à 33 cas, soit une diminution de 28,3 %, selon les données de l’OCHA.
Parmi les 33 incidents recensés en mars on note au Nord-Kivu : 11 cas (33 %), au Sud-Kivu : 9 cas (27 %), Tanganyika : 9 cas (27 %), en Ituri : 4 cas (12 %) et au Maniema : aucun incident signalé.
Cette distribution révèle un déplacement temporaire de la pression sécuritaire vers le Tanganyika, où la proportion d’incidents (27 %) dépasse largement la tendance cumulative (10 %). À l’inverse, le Nord-Kivu, habituellement le plus touché, a enregistré une part plus faible (33 % contre 45 % cumulés).
Depuis janvier, quatre travailleurs humanitaires ont perdu la vie : trois au Nord-Kivu et un en Ituri. Trois décès sont survenus en mars, tandis qu’un autre avait été enregistré en février. Un travailleur a également été blessé au Nord-Kivu en mars.
Le rapport de l’Ocha signale aussi que la criminalité reste la principale menace : cambriolages, vols et intrusions : 38 %, intimidations, menaces et agressions physiques : 32 %, et interférences et restrictions : 26 %.
Paris Mona
