Haut-Uélé : plus de 5.000 nouveaux déplacés après une attaque attribuée aux « Bakatakata » à Ndubala
Isiro, 11 juin 2026, (Caritasdev.cd) : Une nouvelle vague de déplacés a été enregistrée dans la Province du Haut-Uélé après une attaque des « Bakatakata » dans la localité de Ndubala, située à environ 115 kilomètres de la ville d’Isiro.
Selon les données rapportées par la Caritas-Développement Isiro-Niagara(CDIN), 5 039 personnes ont trouvé refuge sur le nouveau site spontané de Saboma, dans le quartier Ngosamu, entre le 6 et le 8 juin 2026.
D’après les témoignages recueillis auprès des déplacés, plusieurs habitations ont été incendiées lors de l’attaque, contraignant les habitants à fuir précipitamment leurs villages pour chercher refuge à Isiro. La plupart des familles affirment avoir perdu tous leurs biens dans les flammes.
Parmi les personnes déplacées figurent des blessées, des malades, des femmes enceintes, des enfants ainsi que des personnes âgées, considérés comme les plus vulnérables face à cette nouvelle crise humanitaire.
Sur le site de Saboma, les conditions de vie demeurent extrêmement précaires. Les déplacés dorment à même le sol, sans abris adéquats, tandis que les besoins en nourriture, en eau potable et en soins de santé restent largement insatisfaits.
Le manque de médicaments essentiels, de Kits d’hygiène et de moyen de protection contre les maladies constitue également une préoccupation majeure. Les conditions de vie très rapprochée des déplacés augmentent le risque de propagation rapide des maladies transmissibles.
L’arrivée soudaine de plus de 5 000 personnes exerce par ailleurs une pression considérable sur les familles d’accueil ainsi que sur les capacités d’interventions des acteurs humanitaires présents dans la région.
Face à cette situation, Caritas Développement Isiro-Niagara a mené une première intervention d’urgence en faveur de nouveaux déplacés. Des vivres composées notamment de riz, de farine, de sucre, de haricots et de sel ont été distribués aux familles affectées.
Toutefois, l’Organisation souligne que cette assistance demeure largement insuffisante au regard de l’ampleur des besoins. Les principaux secteurs nécessitant une invention urgente concernant l’aide alimentaire, les soins de santé primaire, le médicament essentiels, les articles ménagères de base, les couvertures, les nattes, les abris d’urgence, ainsi que l’approvisionnement en eau potable et l’assainissent.
Un appel urgent à la solidarité
La situation sécuritaire reste préoccupante dans la zone de Ndubala. Selon les informations recueillies sur place, plusieurs habitations ont été incendiées et la crainte de nouvelles attaques empêche actuellement les populations de retourner dans leurs villages d’origine.
Une évolution rapide a déjà été réalisée par la CDIN, qui poursuit la collecte d’informations et le suivi de la situation sur le site de Saboma. L’organisation plaide également pour le déploiement d’une mission interagences afin d’évaluer les besoins multisectoriels et coordonner une réponse humanitaire adaptée.
« Nous avons fui après l’incendie de nos habitations. Les familles ont tout perdu. Nous demandons une aide urgente pour nourrir nos enfants et accéder aux soins de santé », Témoigne Monsieur Faustin Ababu, catéchiste de Ndubala.
Même détresse du coté de Maman Thérèse, déplacée interne : « Nous dormons à même le sol. Plusieurs personnes sont malades et nous n’avons besoin de nourriture, de médicaments et d’une protection contre les maladies. »
A ce jour, aucune nouvelle promesse de financement ou contribution supplémentaire n’a été enregistrée pour soutenir la réponse humanitaire en cours.
Face à l’aggravation de la crise, Caritas-Développement Isiro-Niagara lance un appel urgent aux partenaires humanitaires, aux autorités compétentes et aux organisations de solidarité afin de mobiliser une assistance immédiate en faveur des milliers de déplacés.
Nelly Zinga (stagiaire)
