Attaque des villages de Ndubala et Diforo : une crise humanitaire majeure dans le haut-Uelé
Wasta, le 02 juillet 2026 (caritasdev.cd) Dans la nuit du 6 au 7 juin 2026, les villages de Ndubala et Diforo, situés dans le territoire de Watsa, ont été la cible d’une attaque attribuée aux rebelles ADF. Cette incursion a provoqué d’importantes destructions matérielles, un déplacement massif de la population et une grave crise humanitaire.
Selon le témoignage du catéchiste Étienne de Ndubala, resté sur place pendant les événements, plusieurs dizaines de maisons et cases ont été systématiquement incendiées. Les flammes ont consumé les réserves alimentaires, les vêtements, les biens ménagers et les effets de valeur, obligeant la quasi-totalité des habitants à fuir précipitamment sans rien emporter.

Lors d’une mission de terrain, l’abbé Étienne Zasito Nebayi, Coordonnateur de la Caritas Développement Isiro-Niangara, a constaté d’importants dégâts dans les infrastructures communautaires. Le centre de santé local a été gravement touché : les stocks de médicaments et une partie des équipements médicaux ont été réduits en cendres, privant les populations de leur principale structure de soins dans un contexte déjà marqué par des risques sanitaires.
Les assaillants auraient procédé au pillage des commerces, des dépôts de marchandises et des animaux d’élevage (bétail, chèvres et volailles), avant d’incendier les habitations et bâtiments communautaires. Une personne a trouvé la mort à Ndubala et a été enterrée sur place par les rebelles.
Les motivations exactes de cette attaque n’ont pas été établies de manière indépendante. D’après le catéchiste Étienne, les assaillants auraient affirmé rechercher un commerçant local connu sous le prénom de « Bonus », accusé de ne pas avoir respecté certains engagements liés à l’approvisionnement clandestin en vivres. Les biens de ce commerçant et de sa famille ont été incendiés. Ces informations reposent uniquement sur des témoignages recueillis sur le terrain et n’ont pas pu être vérifiées.
Plusieurs centaines de personnes demeurent déplacées. Leur retour ne pourra être envisagé qu’après la restauration des conditions minimales de sécurité et la reconstruction des infrastructures essentielles. Les principaux besoins identifiés comprennent : l’Organisation d’un transport collectif pour le retour volontaire des familles déplacées, la reconstruction des habitations détruites, la réhabilitation du centre de santé, la reconstruction et équipement des chapelles catholiques, fourniture de lits, matelas, ustensiles de cuisine et biens ménagers essentiels, l’installation de solutions d’éclairage, l’approvisionnement en médicaments et équipements sanitaires Dotation en motos et vélos pour relancer les activités pastorales et communautaires, la fourniture de bancs pour les églises, le programmes de relance des moyens d’existence (distribution de chèvres, porcs, volailles et autres petits élevages) et la distribution de vêtements et kits de première nécessité.
Face à l’ampleur des destructions et aux besoins humanitaires croissants, la Caritas Développement Isiro-Niangara lance un appel de solidarité aux autorités, aux partenaires humanitaires, aux agences des Nations Unies, aux organisations ecclésiales ainsi qu’aux organisations nationales et internationales. Le soutien des partenaires sera déterminant pour permettre aux populations déplacées de retrouver des conditions de vie dignes et de reconstruire leurs communautés.
Keren Lulu
