RDC : vers un consensus national pour la validation du plan stratégique quinquennal pour la reconnaissance légale et la sécurisation des droits fonciers des peuples autochtones
Kinshasa, 8 juillet 2026(caritasdev.cd) : L’atelier national de validation du plan stratégique quinquennal pour la reconnaissance légale, la sécurisation des droits fonciers, spacieux et ressources naturelles des peuples Autochtones Pygmées en République Démocratique du Congo a été ouvert mardi à Kinshasa pour une durée de 3 jours dans l’enceinte de Caritas Congo Asbl.
L’objectif général de cet atelier est de valider le document du Plan stratégique quinquennal pour la reconnaissance légale, la sécurisation des droits fonciers spacieux peuples autochtones pygmées et d’élaborer une feuille de route.
Cet atelier , organisé par Linapyco, bénéficie du soutien financier de Rights and Resources Initiative (RRI), de Caritas-Congo Asbl et du Groupe de travail Climat REDD+ Rénové (GTCRR).
Cet atelier a réuni environ 60 participants notamment des représentants des institutions étatiques, des délégués autochtones venus des provinces, des experts de la société civile ainsi que des diplomates accrédités en RDC.

Au terme des échanges, les participants sont appelés à aboutir aux résultats suivants : le document du Plan stratégique quinquennal soit analysé, amendé et validé par l’ensemble des participants ; les rôles et responsabilités des différentes parties prenantes dans la mise en œuvre des activités quinquennales soient clairement définis. Il sera aussi question d’élaborer une feuille de route pour le lancement officiel du plan.
Au nom du Secrétaire Exécutif, empêché, Dr Jean Munongo, Coordonnateur national au service de promotion de la santé à Caritas Congo Asbl, a exprimé la joie et l’honneur de l’institution d’accueillir un atelier historique consacré aux droits des peuples autochtones pygmées. Il a rappelé que la récente promulgation de la Loi foncière n°25/062 et de la Loi n°22/030 sur la protection des peuples autochtones ne prendra tout son sens que par des actions concrètes sur le terrain.
Caritas Congo a réaffirmé son engagement aux côtés des peuples autochtones, considérant la défense de leurs droits fonciers comme un impératif de justice sociale, de dignité humaine et de solidarité chrétienne. Pour lui, la terre et les ressources naturelles représentent bien plus que des biens marchands : elles incarnent l’identité, la culture et la survie des communautés pygmées. Enfin, il a salué la diversité des participants et souligné que ce dialogue multi-acteurs est essentiel pour parvenir à un consensus national solide. Caritas Congo restera attentive aux conclusions de ces assises et continuera de jouer son rôle de partenaire de terrain dans la mise en œuvre du plan stratégique quinquennal.
Quant à M. Blanchard Nzay, Directeur de cabinet adjoint intérimaire au ministère de l’Intérieur, a exhorté les participants à privilégier « un dialogue constructif, fondé sur le respect mutuel, l’écoute et la recherche du consensus ». Selon lui, les recommandations issues de cette rencontre devront être réalistes, inclusives et porteuses d’espoir pour les communautés concernées. Il a souligné que cette initiative constitue une étape décisive vers une meilleure reconnaissance des droits fonciers des peuples autochtones et des communautés locales, dans le respect des traditions et des valeurs républicaines. Le gouvernement, reste engagé à promouvoir une gouvernance foncière inclusive et participative. a-t-il ajouté.
Le Secrétaire Général aux Affaires Coutumières, Mr Augustin Mungimi a salué l’engagement des plus hautes autorités de l’État en faveur de la paix, de la cohésion sociale et de la protection des communautés vulnérables. Il a insisté sur l’importance de la sécurisation des droits fonciers, essentielle pour la paix, la gouvernance locale et le développement durable, rappelant le lien ancestral des peuples autochtones pygmées et des communautés locales avec leurs terres et forêts.
Il a souligné la valeur de la Loi n°22/030 du 15 juillet 2022 sur la protection et la promotion des droits des peuples autochtones, et mis en avant le rôle des autorités coutumières dans la prévention des conflits fonciers. Enfin, il a présenté le Plan stratégique quinquennal comme le résultat d’un processus inclusif de consultations réunissant institutions, représentants autochtones, société civile et partenaires techniques et financiers.
De son côté, Kapupu Diwa, Président national de la Ligue Nationale des Associations Pygmées au Congo (Linapyco), a insisté sur l’importance de faire de cet atelier qui est une plateforme où les aspirations légitimes des communautés autochtones seront pleinement reflétées. « Les terres, les forêts et les espaces de vie ne représentent pas seulement un patrimoine économique, ils sont le fondement de notre identité culturelle, de nos traditions, de notre spiritualité et de notre survie », a-t-il déclaré.
Pendant trois jours, les travaux en plénière comprendront la présentation du diagnostic et des grands axes du plan stratégique, suivie de travaux de groupe pour analyser les thématiques par pilier (par exemple : sécurisation juridique, gouvernance des ressources naturelles, autonomisation et droits humains). Ensuite, une plénière de restitution permettra de consolider les amendements, de procéder à la revue du budget et à la validation finale.
Keren Lulu
