Kongo Central : des avancées notables du programme SECAL III de Caritas à Kasangulu
Kasangulu, le 28 janvier 2026 (caritasdev.cd) : Dans les villages du Territoire de Kasangulu, les visages des paysans s’illuminent. Depuis le lancement en 2023 de la troisième phase du programme SECAL III, financé par NORAD via Caritas Norvège et mis en œuvre par Caritas Kisantu, la vie de plus de 3.391 ménages a pris une nouvelle tournure.
Des terrains rendus disponibles
Pendant longtemps, l’accès à la terre était un casse-tête. Les grands concessionnaires gardaient des hectares inexploités, laissant les petits producteurs sans espace. Grâce au plaidoyer du programme, plusieurs propriétaires ont accepté de céder des parcelles pour les cultures vivrières et même pluriannuelles comme le bananier et l’ananas. « Aujourd’hui, nos ménages n’ont plus de problème d’accès à la terre », se réjouit Freddy Masakidi Mambu, ingénieur agronome et chargé du programme.
Apiculture et chenilles, des innovations inattendues
À Mvululu, un général a offert 100 hectares pour l’apiculture. Les ruches s’installent, et les familles découvrent une nouvelle source de revenus. Non loin de là, une trentaine de ménages se lancent dans l’élevage de chenilles, introduit en 2024. Une pratique qui enrichit l’alimentation en protéines et ouvre des perspectives économiques inédites.
Jeunes maraîchers et pratiques durables

Les jeunes couples osent désormais cultiver tomates, aubergines, et poivrons en pleine saison des pluies, défiant les habitudes locales. Les méthodes agroécologiques – paillage, zéro labour, cultures en savane – remplacent peu à peu le brûlis. Dans certains villages, des comités ont déjà reboisé 16 hectares, preuve que la conscience environnementale progresse.
L’eau potable, un bien partagé

Au-delà des champs, SECAL III s’attaque aussi à l’accès à l’eau. Des sources aménagées dans les secteurs de Luila et Kasangulu desservent aujourd’hui plus de 2.250 ménages, membres ou non du programme. Un geste qui change la vie quotidienne des familles.
Épargne et entrepreneuriat
Les AVEC (Associations Villageoises d’Épargne et de Crédit) et les microfinances locales stimulent l’initiative. Boutiques, moulins, fabrication de chikwangue : les ménages diversifient leurs revenus. Même si la méfiance freine encore certaines AVEC, les résultats sont visibles.
Des défis à relever
Le problème foncier reste sensible : chaque succession de propriétaire exige de nouvelles négociations. La qualité des semences, jugée insuffisante, limite les rendements. Et les tracasseries administratives compliquent parfois la tâche.
Un avenir porteur d’espoir

Malgré ces obstacles, Freddy Masakidi Mambo reste confiant : « L’appui de NORAD et Caritas Norvège a boosté l’agriculture. Les paysans s’organisent désormais pour défendre leurs intérêts. Plus nous serons soutenus, plus nous les emmènerons du point inférieur au point supérieur. »
Guy-Marin Kamandji (de retour de Kasangulu)
