Les sujets ci-après ont été sélectionnés pour notre Revue de presse de ce lundi 16 mars 2026 :
RDC: création du Tribunal pénal économique et financier, une juridicité spécialisée pour lutter contre la corruption ;
Tuée à Goma, Karine Buisset préparait un rapport génant ;
Taux de change indicatifs du jour – Banque Centrale du Congo (BCC);
Rentrée parlementaire ce lundi dans un contexte sécuritaire préoccupant ;
Accords de Washington : 81 organisations exigent la suspension de l’exploitation minière tant que les zones occupées en RDC ne sont pas libérées ;
Chine: les autorités lancent la campagne «Échangez votre graisse contre du bœuf» pour lutter contre l’obésité ;
Une conférence de Caritas Africa pour réfléchir à une charité plus dynamique.
URGENCES, DEVELOPPEMENT ET SANTE
afriquexxi.info : Tuée à Goma, Karine Buisset préparait un rapport gênant. Selon Colette Braeckman, journaliste belge, les collègues congolais qui travaillaient avec Karine Buisset, ils ne se contentent pas d’éloges et relèvent aussi qu’elle se concentrait sur un sujet sensible entre tous : les violences faites aux femmes et aux jeunes filles. « Il ne s’agit pas seulement de viols, d’agressions, si fréquentes aux abords des carrés miniers », nous précise l’un d’entre eux, « mais, d’un véritable esclavage sexuel, systématiquement pratiqué. » Et de dénoncer le comportement de certains officiers du mouvement rebelle dont la discipline, naguère inspirée par la rigueur rwandaise, se serait considérablement relâchée ces derniers temps. « Ils enlèvent des filles, les gardent comme otages sexuelles, puis les “refilent” à d’autres… », poursuit l’une de nos sources. Tous confirment que Karine Buisset, ayant documenté de nombreux cas, préparait un rapport explosif. Celui-ci risquait de ternir davantage encore la réputation d’une rébellion aujourd’hui secouée par les pressions que les États-Unis exercent directement sur l’armée rwandaise, dont le soutien aux rebelles ne fait plus aucun doute. En effet, les experts de l’ONU rappellent, d’un rapport à l’autre, que 6.000 à 7.000 soldats rwandais combattraient aux côtés du M23, nom initial du mouvement désormais chapeauté par l’AFC. Ce dernier exerce une autorité de fait sur le Nord-Kivu et sur le Sud-Kivu, mais il a dû se retirer d’Uvira, sur la frontière du Burundi, à la suite des pressions états-uniennes, et s’est réfugié dans les hauts plateaux surplombant le lac Tanganyika.
Actualite.cd : RDC: création du Tribunal pénal économique et financier, une juridicité spécialisée pour lutter contre la corruption. Le Président de la République a promulgué, le 14 mars, l'ordonnance-loi portant création, organisation et fonctionnement du Tribunal pénal économique et financier. Cette juridiction spécialisée, basée à Kinshasa, sera chargée de réprimer les infractions graves en matière économique et financière, notamment la corruption, les détournements de fonds publics, les contrefaçons et les falsifications. Le Tribunal pénal économique et financier sera composé d'une chambre de première instance et d'une chambre d'appel, et sera compétent pour juger exclusivement les infractions à caractère économique et financier. La création de cette juridiction constitue l'aboutissement des réformes initiées par l'ancien ministre de la Justice, Constant Mutamba, visant à renforcer la lutte contre les crimes économiques et financiers en RDC. L'ordonnance-loi précise que le Tribunal pénal économique et financier connaîtra, à caractère exclusif, des infractions telles que la corruption et les pratiques assimilées, les détournements et les concussions commis par les personnes revêtues d'un mandat public ou chargées d'un service public, ainsi que la contrefaçon, la falsification et l'imitation des signes monétaires. La mise en place de ce tribunal spécialisé devrait contribuer à améliorer la lisibilité, la célérité et l'efficacité dans le traitement des dossiers sensibles, et à renforcer la confiance des citoyens et des partenaires internationaux dans l'État de droit en RDC.
Banque Centrale du Congo (@BCC_RDC sur X: Taux de change indicatifs du jour – Banque Centrale du Congo (BCC). 📅 Lundi 16 mars 2026🇺🇸 1 USD = 2 260,4930 CDF🇪🇺 1 EUR = 2 591,3124 CDF🇨🇳 1 CNY = 328,0106 CDF.
II. POLITIQUE ET SOCIETE
Radio Okapi : Rentrée parlementaire ce lundi dans un contexte sécuritaire préoccupant. La Les députés nationaux et les sénateurs reprennent officiellement le chemin de l’hémicycle ce lundi 16 mars au Palais du Peuple, à Kinshasa, après trois mois de vacances parlementaires. La session ordinaire de mars s’ouvre dans un contexte marqué par la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays, ainsi que par plusieurs dossiers politiques et économiques majeurs. Au menu notamment : l’évaluation trimestrielle de l’exécution du budget de l’État, ainsi que les traditionnelles questions orales et autres mécanismes de contrôle à l’endroit de l’exécutif. Dans l’Est du pays, plusieurs territoires du Nord-Kivu et du Sud-Kivu restent occupés par la rébellion AFC/M23, soutenue par le Rwanda, tandis que les rebelles ADF poursuivent leurs attaques dans les régions de Beni-Lubero, au Nord-Kivu, et en Ituri. Autre dossier attendu au cours de cette session : l’examen des projets de loi portant ratification de l’accord de paix conclu entre la RDC et le Rwanda, ainsi que de l’accord stratégique signé entre la RDC et les États-Unis. Ces textes ont déjà été déposés au Parlement par la Première ministre, Judith Suminwa. Pour la cheffe du gouvernement, il est important que les élus du peuple examinent ces accords afin d’en informer la population et d’accompagner les efforts en faveur de la paix et du développement du pays. Par ailleurs, cette session s’ouvre alors que le débat autour d’une éventuelle révision de la Constitution refait surface dans la classe politique congolaise, un sujet qui pourrait également alimenter les discussions entre parlementaires.
Opinion Info : Accords de Washington : 81 organisations exigent la suspension de l’exploitation minière tant que les zones occupées en RDC ne sont pas libérées. Une coalition de 81 organisations de la société civile réunies au sein de la Mobilisation pour la Sauvegarde de la Souveraineté et de l’Autonomie Congolaise (MOSSAC) a exprimé, dimanche 15 mars 2026, ses préoccupations au sujet des accords conclus entre la République démocratique du Congo, les États-Unis et le Rwanda, communément appelés « Accords de Washington ». Dans un communiqué de presse, cette coalition d’organisations congolaises estime que ces accords, signés en décembre 2025, soulèvent plusieurs préoccupations liées à la souveraineté nationale, à la sécurité et à la gestion des ressources naturelles du pays. Selon le document, trois textes composent ces accords. Le premier, présenté comme un accord de paix entre la RDC et le Rwanda, vise à favoriser la stabilisation dans les zones affectées par le conflit. Le second établit un cadre d’intégration économique régionale permettant une exploitation conjointe de certaines ressources. Le troisième, conclu entre la RDC et les États-Unis, porte sur un partenariat stratégique prévoyant notamment l’identification de projets miniers liés au coltan, au cuivre, au manganèse et à l’or. La coalition affirme soutenir toute initiative susceptible de favoriser la paix dans l’est du pays, mais estime que plusieurs dispositions de ces accords nécessitent des garanties supplémentaires pour préserver les intérêts de la RDC. Parmi ses principales revendications, MOSSAC appelle le Gouvernement congolais à suspendre toute mise en œuvre des dispositions relatives à l’exploitation des ressources naturelles tant que les zones occupées ne seront pas libérées et que les sites miniers ne seront pas restitués à leurs propriétaires légitimes. La coalition demande également au Parlement congolais de conditionner l’application de certains volets des accords au respect préalable de la résolution 2773 du Conseil de sécurité des Nations unies adoptée en février 2025, ainsi qu’au rétablissement d’une gouvernance constitutionnelle dans les territoires concernés. Les organisations signataires plaident, par ailleurs, pour une révision du partenariat stratégique conclu avec les États-Unis, afin de garantir que les décisions concernant les politiques minières, économiques et législatives demeurent sous l’autorité des institutions congolaises.
III. AFRIQUE ET MONDE
RFI :Chine: les autorités lancent la campagne «Échangez votre graisse contre du bœuf» pour lutter contre l’obésité. Dans le sous-district de Shanbei, l’opération baptisée « Trade Your Fat for Beef » (littéralement « échangez votre graisse contre du bœuf ») a déjà attiré plus de 2 700 inscriptions, bien au-delà des attentes des organisateurs. Le principe est simple : les participants, considérés comme légèrement en surpoids selon les critères fixés par la campagne, doivent d’abord se faire peser dans un centre de services du quartier. Leur progression sera ensuite suivie par des hôpitaux communautaires. À la clé : des récompenses culinaires proportionnelles aux kilos perdus. Perdre un demi-kilo permet d’obtenir un demi-kilo de bœuf, tandis que des pertes plus conséquentes donnent droit à de la queue, des abats ou même de la langue. Chaque participant pourra convertir jusqu’à dix kilos de perte de poids. Au-delà de l’aspect insolite, l’opération s’inscrit dans une stratégie plus large de promotion de la santé. Des cliniques de gestion du poids ont été ouvertes, des parcours de randonnée aménagés et des nutritionnistes doivent bientôt proposer des conseils aux habitants. Une façon pour les autorités locales d’encourager un mode de vie plus actif… avec un petit coup de pouce gastronomique à l’arrivée.
IV. EGLISE
Vatican News : Une conférence de Caritas Africa pour réfléchir à une charité plus dynamique. La confédération d’organisations catholiques d’aide sociale opérant en Afrique, Caritas Africa organisera une rencontre axée sur l’encyclique “Deus Caritas Est”, du 16 au 20 mars prochain à Abidjan en Côte d’Ivoire. Une occasion de célébrer la mission de Caritas comme expression visible de l'amour de l'Église, mais aussi d’engager les participants évêques, les responsables ecclésiastiques et partenaires dans une réflexion renouvelée sur le service de la charité. «20 ans de Deus Caritas Est: Caritas, catalyseur d'amour, de service et de transformation sociale en Afrique», tel est le thème de cette conférence continentale qui réunira plus d’une centaine de participants venant des 46 Caritas nationales, représentées par des évêques présidents et autres membres. Le dicastère pour le Service du développement humain intégral sera représenté par la soeur Alessandra Smerilli, qui en est la sous-secrétaire. Des délégués de Caritas Internationalis seront également présents notamment son président le cardinal Kikuchi et le secrétaire général Alistair Dutton; des partenaires de Caritas Europe et des États-Unis d'Amérique, ainsi que des congrégations religieuses féminines et masculines.