Journée mondiale des réfugiés : La Caritas Molegbe alerte sur l’effondrement de l’assistance et plaide pour la dignité des réfugiés centrafricains
Gbadolite, le 20 juin 2026 (caritasdev.cd) : À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés célébrée chaque 20 juin , Mme Farida Hillary Soma, Chargée du Service des Urgences à la Caritas Développement Molegbe, dresse un constat alarmant : l’absence de financement met en péril la survie et la dignité des réfugiés centrafricains (RCA) dans le diocèse de Molegbe.
Interrogée par caritasdev.cd, Mme Soma pointe d’abord la raréfaction des ressources : « Nous sommes dans une période où il y a de moins en moins de financement permettant la prise en charge des réfugiés ». Face à cette réalité, la Caritas doit désormais adapter l’assistance humanitaire à un contexte de réduction budgétaire, accompagner les réfugiés RCA vers des initiatives durables, et mener un plaidoyer constant pour leur intégration communautaire.
Une intégration sans tensions, mais sans appui
Contrairement à d’autres zones, l’intégration des réfugiés RCA dans les communautés hôtes du diocèse ne pose pas de problème majeur. « Les réfugiés vivent en majorité dans les communautés et même ceux des camps vivent en harmonie avec les populations d’accueil », explique la directrice. Le véritable frein reste l’absence totale de prise en charge holistique depuis le début de l’année, aussi bien pour les réfugiés vivant dans les camps que hors camp. La répartition des ressources naturelles – forêts, rivières – demeure cependant une source potentielle de tension entre hôtes et déplacés.
Faute d’assistance depuis plus d’un semestre, il est devenu difficile d’établir une hiérarchie précise de la vulnérabilité. Néanmoins, Mme Soma identifie comme plus exposées : les femmes et filles – FEFA, les personnes âgées, les familles nombreuses, ainsi que les ménages comptant des personnes malades ou vivant avec handicap.
Caritas Molegbe : une action de proximité malgré tout
Dans ce contexte, la Caritas maintient son engagement. Le mois passé, l’organisation a assisté 28 ménages réfugiés, soit 142 personnes, au site de transit d’Inke avec une aide alimentaire. « Nous envisageons de continuer sur cet élan dès que possible », assure Mme Soma. L’initiative a été financée sur ressources propres de l’organisation, faute de bailleurs.
Au-delà de l’urgence, Caritas articule son action humanitaire avec sa mission pastorale. « Tout ce que nous faisons, que ce soit dans la santé ou le relèvement, nous le faisons avec une option préférentielle pour les pauvres et les plus démunis », souligne-t-elle. Illustration concrète : il y a 4 mois, un financement de MIVA Autriche a permis la distribution de 60 tricycles aux personnes à mobilité réduite dans 26 paroisses du diocèse.
À l’attention des décideurs politiques et des institutions internationales, Mme Soma lance un message fort en cette journée symbolique : « Malgré le contexte économique morose, nous avons des réfugiés qui sont des personnes comme nous tous. Ils n’ont pas choisi d’être dans les conditions actuelles. Mais ils ont droit à la vie, à la protection et à la dignité. Un geste à leur égard sauvera des vies, contribuera à améliorer leur dignité et limitera les stratégies négatives qu’ils peuvent adopter ».
Pour conclure, la directrice adresse aux réfugiés un vœu simple et profond : « Que la paix revienne dans leur pays d’origine afin qu’un jour ils puissent envisager un retour et vivre dans la quiétude ».
Paris Mona
