Au cours d'un webinaire d'AFRICA CDC, Caritas Congo Asbl plaide pour l'institutionnalisation avec rémunération permanente des Agents de Santé Communautaire en Afrique
Kinshasa, le 05 août 2021 (caritasdev.cd) : « Rémunération des Agents de Santé Communautaire (Relais Communautaires) de première ligne pour la préparation et la réponse aux pandémies en RDC » a été le thème de la présentation de la Caritas Congo Asbl au webinaire organisé du 03 au 04 août 2021 par le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies de l’Union Africaine (AFRICA CDC). Introduisant son exposé, Dr Amédée Yambi, Chargé des Programmes / Santé de Caritas Congo Asbl a indiqué que les Agents de Santé Communautaire (ASC), dénommés Relais Communautaires (RECO) en RD Congo, jouent un grand rôle dans le système de santé en Afrique, surtout dans la prévention contre les maladies et dans la promotion de la santé des populations.
Kinshasa, le 05 août 2021 (caritasdev.cd) : « Rémunération des Agents de Santé Communautaire (Relais Communautaires) de première ligne pour la préparation et la réponse aux pandémies en RDC » a été le thème de la présentation de la Caritas Congo Asbl au webinaire organisé du 03 au 04 août 2021 par le Centre de Contrôle et de Prévention des Maladies de l’Union Africaine (AFRICA CDC). Introduisant son exposé, Dr Amédée Yambi, Chargé des Programmes / Santé de Caritas Congo Asbl a indiqué que les Agents de Santé Communautaire (ASC), dénommés Relais Communautaires (RECO) en RD Congo, jouent un grand rôle dans le système de santé en Afrique, surtout dans la prévention contre les maladies et dans la promotion de la santé des populations.
Or, en RDC comme dans la plupart des pays africains, aucune rémunération régulière n’est prévue pour les ASC. C’est le volontariat qui est prôné pour ces ASC / RECO (jeunes ou vieux, mariés ou célibataires), obligés à exercer une activité génératrice des revenus pour faire face tant soit peu aux besoins essentiels de leurs familles. Or, rares sont les ASC/RECO qui travaillent. Quand bien même ils travailleraient, leurs salaires sont loin d ’être suffisants.
« Actuellement les ASC / RECO sont rémunérés seulement pendant les activités liées aux projets. Cette rémunération n’est pas fixe et varie selon les partenaires (5 USD, 10$, 50$, 90 $ US le mois). Rares sont les Partenaires, comme AFRICA CDC, qui ont donné 90 dollars US le mois aux ASC/RECO, soit 3$/jour, à la grande satisfaction de ces derniers », a relevé l’orateur. Or, ces partenaires ne sont pas permanents. D’où, les ASC / RECO sont plus actifs pour des activités supportées par les Partenaires Techniques et Financiers (PTF), leur motivation étant limitée à la durée des projets.
Pour l’institutionnalisation des ASC / RECO
Tout cela se répercute sur la prestation attendue de ces Agents dans les Communautés où sévissent différentes maladies et épidémies. Pour remplir bien leurs tâches, les Agents de Santé Communautaire ou Relais Communautaires doivent être valorisés. Caritas Congo Asbl, forte de son expérience dans ce domaine, a ainsi suggéré leur institutionnalisation. En clair, il est question d’intégrer ces ASC / RECO dans les effectifs des fonctionnaires du Ministère de la Santé, avec un salaire mensuel.

Ce plaidoyer de la Caritas Congo Asbl n’est pas fortuit. En effet, ce souci avait été exprimé largement mardi 25 mai 2021, dans la salle de réunion de la DPS au cours d’une réunion d’évaluation avec le Chef de Division Provinciale de la Santé (DPS) de la Ville de Kinshasa, Dr Alex Kalume, les Médecins Chefs de 5 Zones de Santé ciblées par le projet et leurs Animateurs Communautaires (AC). En face, il y avait une délégation du Centre Africain de Contrôle et de Prévention des Maladies de l’Union Africaine (AFRICA CDC) et son partenaire Caritas Congo Asbl, dans le cadre du projet de mobilisation et de protection de la population conte la Covid19. Cela, conformément à l’initiative PACT (Partenariat pour l’Accélération des Tests contre la Covid19) lancée par AFRICA CDC.
Un jour plus tard, au cours d’un échange interactif au Bureau Central de la Zone de Santé de Bandalungwa à Kinshasa, les RECO avaient partagé leurs expériences et défis lors de la réalisation du projet pilote avec Caritas. A cette occasion, ils ont également reconnu avoir reçu les outils de travail leur remis par Caritas Congo Asbl, avec la motivation financière consistante par rapport à d’autres partenaires. Toutefois, les ASC/RECO ont plaidé la reconnaissance officielle de leur travail. « Nous faisons un travail purement volontaire. Nous sensibilisons et faisons la surveillance de plusieurs maladies en RDC. En nous octroyant un salaire, l’on nous donnera plus de courage et de motivation à mieux remplir notre mission », avait plaidé Mlle Dahemarice Mavinga au nom de ses collègues.
Au cours de cette visioconférence d’hier d’AFRICA CDC, basé à Addis-Abeba, Dr Amédée Yambi a aussi recommandé l’amélioration de la coordination des ASC, par la création d’une une structure ad hoc pour les ASC/RECO au sein du Ministère de la Santé Publique ainsi que le renforcement de leurs capacités dans les différents domaines de la santé.
Lors de la 2ème journée de ce webinaire, la RDC avait partagé son expérience, aux côtés de l’Ouganda et du Ghana. Dans ce dernier pays, Mr Barnabas Yeboah a indiqué que le Gouvernement ghanéen paye 17.400 Agents de Santé Communautaire / RECO chaque mois, avec un salaire de 266 USD. Bel exemple à suivre ! Le Cameroun, l’Egypte et l’Ethiopie étaient intervenus la première journée.
Pour rappel, la Commission de l'Union africaine - Africa CDC et le Centre présidentiel pour les femmes et le développement, dirigé par SEM Ellen Johnson Sirleaf, conscients du rôle essentiel que jouent les systèmes de santé communautaires pour atteindre les objectifs de couverture sanitaire universelle sur le continent, se sont associés pour organiser une série de webinaires. Les discussions ont porté sur le rôle immédiat des ASC dans le redressement sanitaire, économique et social de l'Afrique, y compris la nécessité d'investissements coordonnés et intégrés pour des systèmes de santé communautaires robustes qui comprennent la préparation et la réponse aux pandémies d'urgence, et la poursuite des services de santé essentiels au-delà.
Autour du thème « Apprentissages transnationaux sur l'intégration et le financement des systèmes de santé communautaires », les discussions ont porté sur le progrès de l'initiative PACT, les enseignements tirés, défis et opportunités. Des délégués de plusieurs ONG et de hauts Représentants des Ministères de la Santé y ont pris part. Les conclusions devraient être adressées aux Gouvernements nationaux des États membres de l'Union africaine, organisations bilatérales et multilatérales, institutions financières et organismes donateurs.
Il sied de signaler que AFRICA CDC est une institution technique spécialisée de l'Union africaine qui renforce les capacités et les capacités des institutions de santé publique africaines ainsi que les partenariats pour détecter et répondre rapidement et efficacement aux menaces et aux épidémies de maladies, sur la base d'interventions et de programmes fondés sur des données.
Guy-Marin Kamandji
