9è Conférence: Caritas Africa et ses membres requinqués dans leur lutte contre la pauvreté en Afrique
Rome, le 21 juin 2019 (caritasdev.cd): “Nous partons d'ici, pleins d'énergie et motivés à faire de Caritas un instrument du témoignage concret de l'Église, facteur de communion et d'organisation, de coordination et de renforcement des moyens d'action pour lutter contre la misère, l'oppression, la faim, la maladie et l'ignorance qui déshumanisent les peuples de ce continent”. Tel est le credo des participants à la 9ème Conférence régionale de Caritas Africa, tenue du 19 au 22 mai 2019 à la Villa Aurelia de Rome. Elle a tournée autour du thème "Afrique, terre d'espérance".
Cardinal, Archevêques et Evêques, Présidents de Caritas de l'Afrique subsaharienne et des îles de l'Océan Indien et de l'Océan Atlantique y ont pris part. Ces éminentes personnalités de l’Eglise en Afrique étaient accompagnés des Directeurs de leurs Caritas nationales respectives, en présence de « jeunes hommes et femmes engagés au service de la charité au profit de leurs communautés », indique la Déclaration finale de ces assises. Ils étaient encouragés par les plus hautes autorités du Symposium des Conférences Episcopales d’Afrique et Madagascar (SCEAM) et leurs partenaires de Caritas Internationalis.
Des engagemens forts de Caritas Africa contre ce qui déshumanise le continent
Face au tableau sombre du continent africain, les participants ont pris plusieurs engagements. Ils se disent déterminés à mettre en œuvre le Cadre stratégique et les orientations adoptés pour les quatre prochaines années: Consolider l'engagement, l'efficacité et l'efficience du réseau d'organisations socio-caritatives au service de la promotion humaine dans la région Afrique ; Contribuer à réduire l'impact des crises humanitaires en Afrique; Renforcer l'engagement de Caritas Africa en faveur de la promotion du développement humain intégral. Tout cela dans l’optique de “ donner aux pauvres et aux marginalisés, aux jeunes et aux femmes que nous servons, les moyens de participer activement aux décisions qui les affectent”.
En réponse à ces situations d’urgence que frappent le continent, Caritas Africa et ses membres se sont engagés à renforcer leur action pour la paix et la réconciliation et pour la construction de communautés résilientes, en coopération fraternelle avec leurs collègues membres de Caritas Internationalis et les autres acteurs humanitaires qui partagent leurs valeurs. La maladie à Virus d’Ebola qui sévit actuellement dans une partie de l’Est de la République Démocratique du Congo et qui a déjà fait près de 2.000 victimes ; les récents cyclones qui ont ravagé certaines régions du Mozambique, du Malawi et du Zimbabwe, la sécheresse qui menace d’autres pays en Afrique australe et ailleurs ont été citées parmi les calamités qui touchent actuelelement l’Afrique.

Par ailleurs, Caritas Africa et ses membres mobiliseront “des acteurs dotés des qualités professionnelles, morales et spirituelles reconnues, capables de servir dans la transparence et la reddition des comptes aux communautés et aux donateurs”.
“Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour amplifier la voix de l'Église, afin de défendre et de plaider partout, avec leur participation effective, la cause des communautés vivant dans la pauvreté et l’oppression, qui voient leurs terres spoliées, la faune et la flore de leurs territoires ravagés et les ressources minérales et autres qui abondent, devenir une sorte de malédiction au lieu de leur fournir des conditions de vie dignes, poursuit la Déclaration”.
D’autres engagements sont liés à la protection des personnes en mouvement. Enfin, citant le Cardinal SARAH dans son adresse au cours de ces assises, les participants ont souligné que “l'engagement social de l'Église va bien au-delà des engagements philanthropiques. Notre mission est de proposer le Christ au monde et de vivre la solidarité et l'amour avec l'espérance comme moteur. L’œuvre de la charité est la réponse de l’Église à la souffrance humaine incarnant l’amour de Dieu pour l’humanité, sans discrimination et sans souci de prosélytisme”.
De ce point de vue, ils se sont engagés à continuer d’annoncer l’Évangile dans la joie (Evangelii Gaudium), soutenu par la personne, les enseignements et le témoignage de vie du Pape François, “en restant attentifs au cri des pauvres et au cri de la terre comme nous y invite l’Encyclique « Laudato Si ». Cette Encyclique constituera notre référence principale, pour plaider en faveur de la protection de la « maison commune », en vue d’une écologie intégrale qui constitue une autre façon de parler et de s’engager pour le développement en Afrique et dans le monde d’aujourd’hui”.
Afrique riche de sa population, de sa diversité culturelle, de ses ressources naturelles …
Pour les participants, l'Afrique est une "terre d'espérance", "poumon spirituel" de l'Église et de l'humanité, riche de sa diversité culturelle et linguistique, de sa population dynamique incluant des millions de jeunes et de femmes, de ses communautés vivantes et de ses ressources naturelles, malgré les nombreux aléas de son histoire et des incertitudes persistantes et multiformes. Elle est appelée à s'approprier cette histoire, en se tournant vers l'avenir et en tirant des leçons, y compris des souffrances qui continuent de lui être imposées par des agents extérieurs, bien souvent avec la complicité de ses propres filles et fils, en particulier certaines de ses élites politiques, militaires et autres.
Voilà pourquoi, les conférenciers de Rome sont optimistes. « Les interventions et les échanges que nous avons eus montrent que nous n’avons pas de raison de désespérer. Au cours de dernières années, le continent a connu d’importantes transformations économiques, sociopolitiques et technologiques. Ce processus devrait s'accélérer au cours des prochaines décennies. Il s’accompagne d’une plus grande affirmation de la part de certaines nations africaines, de leurs institutions et des citoyens de plus en plus impliqués dans la définition de ce que sera le continent africain de demain, soulignent-ils.
Il sied de relever que le discours luminaire prononcé par Son Eminence le Cardinal Peter Kodwo TURKSON, Préfet du Dicastère pour le service du Développement Humain intégral , a mis en lumière l'urgence de récupérer les réflexions des deux synodes pour l'Afrique. Ils sont toujours d'actualité et leur message est plus que jamais approprié pour la mission de l’Eglise dans l’Afrique d’aujourd’hui.
Guy-Marin Kamandji
