Caritas soutient des millions des personnes en RDC, malgré la baisse de l’aide
Les organisations religieuses locales maintiennent leur soutien à des de personnes en RDC alors que les produits de première nécessité pour sauver des vies s’épuisent.
Caritas Internationalis appelle à une action urgente et à la solidarité internationale pour
soutenir les intervenants locaux de première ligne lors de la Conférence de haut niveau de Paris sur la région des Grands Lacs
Alors que les ministres des pays donateurs et les dirigeants de l’ONU se réunissent à Paris pour une conférence sur la région des Grands Lacs, organisée par la France et co-présidée par le Togo, médiateur de l’Union africaine, Caritas – l’un des plus grands réseaux d’organisations nationales humanitaires au monde – appelle à une action urgente pour faire face aux effets dévastateurs des réductions de l’aide mondiale dans les régions touchées par la crise en République démocratique du Congo et dans ses pays voisins. L’aggravation de la crise de financement menace également l’aide critique portée aux réfugiés congolais arrivant au Burundi et en Ouganda et crée des tensions entre les réfugiés et les communautés hôtes.

Child Friendly Space, Nyragongo, Caritas Goma in DRC
Selon les estimations des Nations Unies et des ONG en RDC, plus de 21 millions de personnes ont besoin d’une aide humanitaire. Pourtant, en raison des réductions des financements mondiaux, seuls 6,8 millions de personnes sont actuellement ciblées dans le Plan de réponse humanitaire révisé des Nations Unies.
Présente dans chaque province, l’Église catholique et la Caritas locale, ainsi que les autres organisations confessionnelles, gèrent plus de 40% des établissements de santé à travers la RDC, et environ 60% des écoles primaires et plus de 80% des écoles conventionnées (primaires et secondaires).
Dans l’Est du pays, ravagé par les violences, les personnes déplacées de force ont trouvé refuge dans ces écoles et ces structures de santé. Les Caritas diocésaines du réseau Caritas RDC ont été parmi les premiers à les aider – en les accueillant et en leur distribuant des repas chauds, des abris et d’autres formes de soutien pour plus de 3,5 millions des US$. Or, depuis les coupes dans l’aide au début de l’année, Caritas RDC et ses diocèses ont vu le financement international pour la santé vitale, la sécurité alimentaire et d’autres interventions essentielles diminuer d’environ 60%.
En raison de ces coupes dans l’aide, nous faisons face à une situation critique concernant les stocks de médicaments de base, notamment ceux contre le VIH, la tuberculose et le paludisme. Cette pénurie a un impact direct dans les efforts fournis à ce jour sur la santé et la survie de milliers de personnes, entraînant une augmentation des décès évitables liés au paludisme, aux complications obstétricales et aux maladies infectieuses. De plus, la malnutrition aiguë sévère s’aggrave, augmentant le risque de mortalité infantile et chez les femmes enceintes et allaitantes. Les déplacés internes, en particulier les femmes et les enfants, sont de plus en plus vulnérables, privés des services de base essentiels à leur protection et à leur bien-être.
Sans un soutien renouvelé et renforcé, Caritas et l’Église catholique locale ne pourront plus répondre de manière adéquate aux besoins croissants et sauver des vies.
“Réduire l’aide aujourd’hui, c’est condamner des millions de Congolais à la faim, à la maladie et à la mort évitable.”
Abbé Edouard Makimba, Secrétaire exécutif de la Caritas Congo Asbl.
« Les agences internationales ont dû évacuer alors que le conflit s’étendait rapidement à l’Est de la RDC, mais les organisations locales – en particulier les Caritas diocésaines et l’Église catholique locale – sont restées auprès de leurs communautés et ont continué à apporter une aide vitale à la population. Malgré nos efforts, les coupes dans l’aide mondiale ont durement frappé les ONGs locales, bien plus que les agences internationales, car notre capacité à mobiliser des fonds localement reste très limitée.

Refugee Camp, Caritas Goma in DRC
C’est pourquoi nous saluons l’initiative du président Macron de convoquer la Conférence à Paris et les efforts visant à mobiliser un soutien international. Nous appelons la France et les autres donateurs à veiller à ce que toutes les promesses renforcent les efforts d’aide locaux en RDC, qu’il s’agisse de groupes religieux comme Caritas, d’organisations de femmes, de réseaux de jeunes ou d’autres acteurs communautaires.
Nous n’avons pas quitté la RDC et nous ne le ferons pas. Nous risquons notre vie chaque jour pour
apporter de l’aide et de la protection à nos communautés touchées par cette crise. Nous exhortons
les décideurs réunis à Paris : voyez-nous, et soutenez-nous.Abbé Edouard Makimba, Secrétaire exécutif, Caritas Congo Asbl
« Les coupes dans l’aide mondiale sont une crise d’origine humaine qui a des effets dévastateurs en RDC et dans les pays voisins. La région des Grands Lacs, déjà éprouvée par des décennies de conflits, de catastrophes naturelles, de pandémies, les structures locales – souvent religieuses – continuent de soigner, d’éduquer et de soutenir les communautés malgré la pénurie de médicaments, de moustiquaires et d’autres biens essentiels.
Les membres de la confédération Caritas font ce qu’ils peuvent pour mobiliser des fonds dans le monde entier en appui à la Caritas RDC et à l’Église locale qui sont en première ligne de la réponse humanitaire, mais cela ne suffit pas.
« La communauté internationale doit se mobiliser et fournir les fonds dont on a besoin de toute urgence pour remplacer l’argent qui a été supprimé dans les récentes coupes budgétaires. La Conférence de Paris est un appel à la solidarité avec la population de la République démocratique du Congo et des pays voisins, et un rappel brutal des morts et des souffrances causées par ces coupes budgétaires égoïstes et à courte vue dans d’innombrables crises humanitaires. »
Alistair Dutton, Secrétaire général de Caritas Internationalis
Les membres de Caritas appellent les donateurs internationaux à agir de toute urgence pour trouver des moyens de débloquer des fonds et de maintenir le soutien à des programmes essentiels. Nous exhortons également les bailleurs à ne pas négliger la crise à l’Ouest de la RDC, certes moins visible, mais pas moins importante en termes d’impact désastreux sur les populations touchées et des besoins de base essentiels.
Avec Caritas Internationalis
