Des ONGs nationales demandent au Gouvernement de prendre part à la Conférence Humanitaire sur la RDC
Kinshasa, le 05 avril 2018 (caritasdev.cd) : dans une requête adressée au Premier Ministre et Chef du Gouvernement, en date du 03 avril 2018, des ONGS nationales regroupées au sein de leurs plateformes RONHD (Reseau des Ongs Nationales Humanitaires et de Développement) de Kinshasa, FONAHD (Forum des Organisations Nationales Humanitaires et de Développement) du Nord-Kivu et CCONAT (Cadre de Concertation des Ongs Nationales) du Sud-Kivu, de « bien vouloir reconsidérer la position du Gouvernement afin de prendre part à la Conférence Humanitaire sur la RDC prévue à Genève.
La tristesse et le traumatisme se lisaient dans le regard de ces femmes rescapées des massacres des miliciens Kamuina Nsapu (Ph. Caritas/GM Kamandji)
Kinshasa, le 05 avril 2018 (caritasdev.cd) : dans une requête adressée au Premier Ministre et Chef du Gouvernement, en date du 03 avril 2018, des ONGS nationales regroupées au sein de leurs plateformes RONHD (Reseau des Ongs Nationales Humanitaires et de Développement) de Kinshasa, FONAHD (Forum des Organisations Nationales Humanitaires et de Développement) du Nord-Kivu et CCONAT (Cadre de Concertation des Ongs Nationales) du Sud-Kivu, de « bien vouloir reconsidérer la position du Gouvernement afin de prendre part à la Conférence Humanitaire sur la RDC prévue à Genève.
« Nous vous le demandons au nom de l’amour de notre peuple que nous partageons avec vous et au nom de la Norme Humanitaire Fondamentale qui place les personnes et les communautés affectées au cœur de l’action humanitaire. Nous ne doutons pas un instant que vous accéderez à notre demande », écrivent ces ONGS, par la plume de Mr Emmanuel MBUNA, Coordonnateur de RONHD et Représentant des ONGs nationales au HCT.
Guerre des chiffres ?
En fait, la Conférence Humanitaire sur la RDC est prévue pour vendredi 13 avril à Genève en Suisse. Le gouvernement refuse d’y prendre part, car cette rencontre pourrait donner une « image catastrophique de la RDC ». En outre, la RDC évalue à 230. 000 le nombre de déplacés dans le pays, alors que les humanitaires, eux, avancent le chiffre de plus de 4 millions, relève RFI.
Les ONGS nationales rappellent la déclaration du Ministre de Solidarité et Affaires humanitaires qui annonçait le refus du Gouvernement de prendre part à cette Conférence « à cause de quelques divergences avec la Communauté humanitaire, notamment sur les données statistiques concernant les personnes déplacées ».
Et la requête de poursuivre : « Sans devoir confirmer ces données à une virgule près, nous voudrions rassurer le Gouvernement que les données présentées par la communauté humanitaire sont essentiellement l’œuvre des ONGs nationales que nous sommes. En effet, comme vous le savez, les agences des Nations Unies qui sont des leads des groupes de travail(Clusters) humanitaires travaillant en RDC n’ont pas de personnel dans les coins reculés du pays pour obtenir des informations fiables sur les crises et les personnes affectées. Ce sont essentiellement les ONGs nationales qui collectent et transmettent les données sur les crises humanitaires qui surgissent à travers le pays. Nous nous reconnaissons donc globalement dans les données présentées sur le nombre des personnes déplacées et qui ont servi de base à la révision du Plan de Réponse Humanitaire publié en janvier dernier ».
Au-delà de cette clarification sur les nombres des personnes déplacées, les ONGS nationales rappellent qu’elles vivent avec la population à la base et partagent ses souffrances au quotidien et ce, depuis une vingtaine d’années voire une cinquantaine d’années pour certains d’entre elles : « Nous avions vu dans cette conférence une opportunité unique pour sensibiliser les donateurs à nous allouer plus de moyens pour secourir notre peuple dans un contexte où déjà le budget de l’Etat s’avère souvent déficitaire face à l’ampleur des besoins ».
Les ONGs nationales veulent être aux côtés du Gouvernement
« Mais, que vaudront nos paroles sans la présence de notre Gouvernement à nos côtés ? Ne serons- nous pas comme des enfants désavoués et abandonnés qui crient seuls à l’absence de leurs parents ? Qui voudra bien nous entendre dans ce milieu dont nous ne maîtrisons ni les us ni le langage ? Les cris et les gémissements de nos frères et sœurs qui souffrent nous pressent à ne pas laisser passer cette occasion de faire entendre leurs voix. Mais notre appel ne peut porter que si nous le lançons à l’unisson avec notre Gouvernement », plaident ces ONGS nationales.
« Aussi, venons-nous, pas pour nous-mêmes, mais pour ces enfants malnutris , ces femmes enceintes fatiguées errant , en brousse avec leurs progénitures, ces vieillards accablés par la faim et le froid, ces filles violées frustrées à vie, ces jeunes rendus invalides car mutilés, d’autres livrés aux groupes armés et condamnés à vivre des vols et à la drogue par la guerre, bref, au nom de toute cette fraction importante de notre peuple qui souffre du Nord au Sud , de l’Est à l’Ouest de la RDC », poursuit le document.
Du côté du Gouvernement, Mr Lambert Mende, ministre de la Communication congolais, cité par RFI, continue à réclamer une réunion d’« harmonisation » avec les humanitaires. Sans cela, « l’évaluation sera fausse parce qu’elle sera fondée sur des données qui n’ont pas été confrontées avec les autorités congolaises, comme nous l’avons souhaité, dit-il. Si tel n’est pas le cas, nous ne participerons pas. ».
L’ONU reviendrait-elle sur la classification de la crise humanitaire en RDC
Il y a à espérer que les violons vont s’accorder pour une participation commune à cette conférence de mobilisation des ressources pour une réponse humanitaire conséquente pour les personnes déplacées en RDC.
C’est dans ce contexte que politico.cd annonce que Mr Mark Lowcock, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires a adressé en date du 03 avril 2018 une lettre au vice-ministre et ministre des Affaires étrangères congolais, Mr Léonard She Okitundu, pour présenter les excuses de l’ONU.Selon ce journal en ligne, le britannique annonce que l’ONU va finalement lever la classification L3 concernant la crise congolaise et dénoncée par Kinshasa. « Je vous écris en particulier pour vous faire savoir que nous avons écouté attentivement vos préoccupations au sujet de la désignation de la crise humanitaire en RDC. Les Nations Unies désactiveront la désignation L3 plus tard ce mois-ci. Je ferai une annonce publique demain, mercredi 4 avril 2018, confirmant cela », dit-il dans cette lettre datant du 3 avril et traduite de l’anglais par POLITICO.CD.
Guy-Marin Kamandji
