Diocèse d’Isangi en RDC : Des cas inquiétants de justice populaire et d’accidents causés par des embarcations
Kinshasa, le 29 août 2018 – (caritasdev.cd) : Le diocèse d’Isangi, situé dans la partie Est de la RD. Congo, n’est pas ces derniers temps épargné par des cas de justice populaire et d’accidents causés par des embarcations. Un agent de la Caritas de ce diocèse, monsieur Charles LIPASO, vient de faire parvenir à caritasdev.cd des informations à ce sujet dans des correspondances particulières. Le 15 aout 2018 à Yahisuli par exemple les membres de famille d’un jeune homme décédé ont en représailles incendié plus de 78 maisons, rapporte caritasdev.cd (Click here to read the English version)
Maisons détruites suite à des réactions pour se rendre soi-même justice
Kinshasa, le 29 août 2018 – (caritasdev.cd) : Le diocèse d’Isangi, situé dans la partie Est de la RD. Congo, n’est pas ces derniers temps épargné par des cas de justice populaire et d’accidents causés par des embarcations. Un agent de la Caritas de ce diocèse, monsieur Charles LIPASO, vient de faire parvenir à caritasdev.cd des informations à ce sujet dans des correspondances particulières. Le 15 aout 2018 à Yahisuli par exemple les membres de famille d’un jeune homme décédé ont en représailles incendié plus de 78 maisons, rapporte caritasdev.cd (Click here to read the English version)
Le samedi 18 aout 2018, vers 20 heures, un accident s’est produit sur le fleuve Congo, au niveau du village Yatuto, en aval d’Isangi à plus ou moins 8 km de la cité d’Isangi. Une baleinière dénommée « Don de Dieu », et appelée communément « Pepa Pepa » en provenance du marché de Lileko pour Isangi, a cédé au niveau de ses planches après avoir cogné un tronc d’arbre sous l’eau. L’on a déploré plusieurs pertes en vies humaines et toutes les marchandises ont été emportées par les eaux. Jusque-là, 21 corps ont été repêchés et plusieurs autres ont été portés disparus. La baleinière aurait pris à son bord plus de 250 personnes et un lot important des marchandises (produits agricoles, de pêche et de chasse). A propos de ce qui s’est passé le 15 aout 2018 à Yahisuli où un jeune homme est décédé et dont les membres de famille ont incendié plus de 78 maisons, ceux-ci étaient allés chez un féticheur – devin, qui a cité trois noms de personnes du clan voisin présumées être les auteurs de la mort du jeune homme. Les membres de la famille de ce dernier ont emporté des bêtes et d’autres biens de valeur du village. Les membres du clan attaqués vivent maintenant dans la clandestinité, s’étant réfugiés dans la forêt.
En mai 2017, il y a eu des disputes entre deux villages réclamant un centre où doivent se dérouler des examens du test national de fin d’études primaires (TENAFEP). Cela a abouti à des bagarres à coup de machettes, des flèches et d’utilisation d’armes à feu. Ces affrontements se sont terminés par plus de 28 maisons incendiées et des cas des blessés graves. Ces informations sont provenues de l’Administration du Territoire, de l’Hôpital Général de Référence de Yahisuli, de la quasi paroisse catholique de Yahisuli et des services spécialisés de l’Etat. En fin avril 2018, à la suite de la mort du Président de l’Assemblée Provinciale de la Tshopo, Joël BAFANDO, les membres de sa famille du village Wenge Haut ont imputé cette mort à un jeune homme de Yahisuli, LOTOKO MAESTRO. Ce dernier est commerçant de son état et Directeur d’une école primaire. Les membres de la famille de l’Honorable Joel BAFANDO ont à Yahisuli incendié plus de 40 maisons, des boutiques avec marchandises. Ceux-ci ont emporté des bêtes et autres biens de valeur revenant à des habitants du village. Ceci à la fin a provoqué un combat rangé entre les villages Yahisuli et Wenge Haut, conflit perdurant jusqu’à ces jours, selon l’Administration du territoire, la Caritas-Développement Isangi, l’Observatoire des Femmes du Territoire d’Isangi, l’Hôpital Général de Référence de Yahisuli, la paroisse catholique de Wenge, la quasi paroisse catholique de Yahisuli et des services spécialisés de l’Etat ainsi que la Police nationale congolaise.
Du reste, il y a plus d’un mois, une baleinière en provenance de la Cité de Lokutu, dans le territoire de Basoko en partance pour Kisangani, dénommée « Ville de Lokutu » a chaviré. Cela a causé des morts d’hommes et des pertes énormes des biens.
Parmi ceux et celles qui ont élevé leur voix face à cette situation figure la Caritas Isangi, qui a demandé aux autorités tant nationales, provinciales, territoriales que locales et surtout aux armateurs de diverses embarcations de bien vouloir prendre conscience de ce choc que subissent les populations au lieu de ne viser que leur intérêt au détriment de celles-ci. Les autorités ont été appelées à interdire les embarcations de fortune et les voyages nocturnes. Organismes, ONGDH et personnes de bonne volonté ont été invitées à penser à recourir à de bonnes embarcations où les voyageurs se voient remettre des gilets de sauvetage. L’impunité des armateurs est à décourager en rétablissant le pouvoir régalien. Le ministère du Transport et voies de communication, quant à lui, doit envisager la formation des armateurs et navigateurs, en vue d’éviter des cas récurrents d’accidents et noyade. L’assistance et le secours aux victimes de la noyade survenue à Isangi le samedi 18 aout 2018 et ayant laissé des familles pauvres et des orphelins ont été sollicités.
Face à la recrudescence de la justice populaire comme mode opératoire de recherche des solutions aux conflits locaux surgissant dans le village, un plaidoyer de Caritas Isangi a visé la restauration de l’autorité de l’Etat, la sensibilisation de la population à la culture de la paix, de la réconciliation des familles et villages où sévissent des conflits ainsi que l’assistance matérielle, financière et juridique par des organismes, ONGDH et autres humanitaires au profit des victimes vivant en dehors de leur milieu respectif des suites d’incendie et représailles.
CHARLES LIPASO ET JOSEPH KIALA
