Haut-Uélé : la Chefferie de Wando réclame une réponse conséquente face aux exactions des Mbororo
Des vaches des éleveurs étrangers au Maniema (Ph. GM Kamandji)
Dungu, le 1er juin 2026 (caritasdev.cd) : le Chef intérimaire de la Chefferie de Wando, M. Marc Gbiahidi, dénonce la poursuite des exactions des éleveurs Mbororo à l’encontre des populations congolaises, particulièrement celles du Territoire de Dungu, en Province du Haut-Uélé. Il a fait ce plaidoyer au Secrétaire Exécutif de la Caritas Congo Asbl, Monsieur Abbé Edouard Makimba, en visite de solidarité auprès de la Caritas-Développement Dungu-Doruma en mai dernier. C’était en présence de l’Administrateur du Territoire de Dungu, M. Marcel Abule.
« Il n’y a pas de développement sans sécurité », a souligné de prime abord M. Gbiahidi, décrivant le « phénomène Mbororo ». « Les gens peuvent croire que la présence des milliers de têtes de vaches est une opportunité pour notre population. Or, pour nous, c’est une vraie menace. D’abord, ces éleveurs Mbororo sont entrés illégalement en RD Congo. Ils sont en train d’envahir nos espaces et d’empêcher la population locale d’exercer leurs activités de survie. Ils sont en train de tuer même les paisibles citoyens », a-t-il dénoncé avec amertume.
D’après ses explications, plusieurs espaces autrefois utilisés pour l’agriculture, l’élevage ou la pêche sont aujourd’hui difficilement accessibles à la population à cause de cette situation. A cela s’ajoutent plusieurs cas de violences, de viol et d’insécurité, régulièrement signalés dans les zones affectées.

Des solutions durables attendues du Gouvernement
Le chef intérim de Wando relève également les conséquences économiques de cette présence envahissante des Mbororo : insécurité, affirmant que malgré la présence de nombreux troupeaux dans la région, la population locale continue de faire face à la hausse du prix de la viande et à la détérioration de ses conditions de vie.
M. Marc Gbiahidi a ainsi demandé à l’Eglise catholique, partenaire privilégié de l’Etat congolais, dont est issue la Caritas, de porter ce plaidoyer auprès des Autorités nationales et leurs Partenaires, afin que des solutions durables soient trouvées pour restaurer la sécurité et favoriser le développement dans la région.
Dans ce registre, le Chef a.i. de la Chefferie de Wando a salué la contribution substantielle de la Caritas-Développement Dungu-Doruma pour la population du Territoire de Dungu. Il a évoqué l’importance d’anciennes réalisations de Caritas dans le diocèse, notamment la construction des écoles, routes et ponts.
Profitant de cette visite, il a plaidé pour l’orientation de nouveaux projets vers la Caritas locale afin de permettre à l’Eglise catholique de continuer à accompagner les communautés dans les domaines du développement et de la cohésion sociale.
De ce fait, le Chef intérimaire de Wando a remercié la délégation de l’Abbé Edouard Makimba pour sa visite. Il a exprimé l’espoir de voir cette Caritas diocésaine reprendre pleinement son rôle dans le développement dans tout le diocèse de Dungu-Doruma.
Pour mémoire, la Chefferie de Wando est une entité coutumière et administrative majeure située dans Te territoire de Dungu, au Nord-Est de la République Démocratique du Congo. Elle fait partie intégrante du Territoire de Dungu, l’un des six territoires que compte la Province du Haut-Uélé.
Plusieurs autres Territoires affectés par les Mbororo
Il sied de signaler que le phénomène des éleveurs nomades Mbororo affecte plusieurs autres Territoires de la RDC, principalement répartis dans le nord et le nord-est du pays le long des frontières poreuses. Ces déplacements massifs de bétail créent de vives tensions avec les populations locales en raison de la destruction des concessions agricoles.
Il s’agit notamment des Territoires de Ango, Bondo et Poko (dans le Bas-Uélé) ; Faradje et Niangara (Haut-Uélé) ; Yakoma et Mobayi-Mbongo (Nord-Ubangi).
Guy-Marin Kamandji & Nelly Zinga
