RDC : le Budget 2018 n’a pas été aligné sur les priorités nationales des ODD, analyse une étude de Caritas Congo Asbl
Kinshasa, le 14 décembre 2020 (caritasdev.cd) : Caritas Congo Asbl a présenté vendredi 11 décembre 2020 l’Etude Indépendante sur l’alignement du Budget 2018 de l’Etat congolais aux Objectifs de Développement Durable (ODD). Cette cérémonie s’est déroulée au Centre d’accueil de la Caritas à Kinshasa/Gombe, sous le haut patronage du Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget. C’était en présence des membres de la Société Civile et de partenaires au développement, dont le PNUD qui a financé cette étude, cadrant avec l’Agenda 2030.
Kinshasa, le 14 décembre 2020 (caritasdev.cd) : Caritas Congo Asbl a présenté vendredi 11 décembre 2020 l’Etude Indépendante sur l’alignement du Budget 2018 de l’Etat congolais aux Objectifs de Développement Durable (ODD). Cette cérémonie s’est déroulée au Centre d’accueil de la Caritas à Kinshasa/Gombe, sous le haut patronage du Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget. C’était en présence des membres de la Société Civile et de partenaires au développement, dont le PNUD qui a financé cette étude, cadrant avec l’Agenda 2030.
Des recommandations structurelles et correctives proposées de manière claire et pertinente
En fait, les Chefs d’Etat et de Gouvernement de 193 pays membres de l’ONU avaient adopté la résolution n° 70/1 portant sur le « Programme international de développement durable à l’horizon 2030 », largement connu sous le vocable des Objectifs de Développement Durable, ODD en sigle. C’était au cours de la 70ème Assemblée Générale des Nations Unies en septembre 2015. Considéré comme feuille de route internationale commune de la transition vers un développement durable, cet agenda s’adresse à tous les acteurs : Gouvernements, collectivités, entreprises, syndicats, citoyens. Cependant, les Etats ont une importance considérable dans sa réalisation, d’autant plus que le financement public supplémentaire pour atteindre les ODD est également important (environ 10 à 18,38 milliards de USD) l’an entre 2016 et 2030.
Ainsi, l’étude présentée par la Caritas Congo Asbl vendredi dernier a analysé l’exécution du Budget 2018 de la RD Congo, outil par excellence de la traduction de la politique gouvernementale, sous l’angle des ODD. Elle a passé en revue les questions essentielles de la nature du budget par rapport aux ODD d’une part, et de la politique fiscale et budgétaire en RDC d’autre part, sous le prisme des ODD. Le rapport ad hoc de 90 pages présenté vendredi dernier indique les principales recommandations regroupées en quatre points : alignement du cadre budgétaire sur les priorités nationales ODD ; allocations budgétaires (votées et exécutées) dédiées aux ODD ; efficacité de la politique budgétaire ; promotion des best practices.
« A propos de l’alignement du cadre budgétaire sur les priorités nationales ODD, les analyses ont démontré que le Budget 2018 n’a pas été aligné aux ODD. Plusieurs arguments attestent cela », souligne le rapport de l’étude. « Aussi, l’étude propose-t-elle des recommandations structurelles et correctives pour l’alignement efficace des Budgets de l’Etat congolais sur ses priorités ODD de manière claire et pertinente. L’importance de ces recommandations est telle qu’elles requièrent une action véritablement citoyenne pour leur mise en œuvre afin de permettre au Gouvernement congolais de remplir les engagements pris dans le cadre de l’adoption des ODD de l’Agenda 2030 », plaide Mr Boniface Nakwagelewi ata Deagbo dans la préface dudit rapport.
Voilà pourquoi dans son mot d’introduction à la cérémonie de vendredi dernier, Mr Deagbo a exprimé tous les remerciements de la Caritas Congo Asbl au Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) dont l’appui technique et financier a rendu possible cette étude. Elle apprécie, par ailleurs, la qualité du travail produit par Mr Oasis Kusodila, à qui elle avait confié la mission de la réalisation technique de l’étude sous question. « Caritas Congo Asbl va, dans le cadre du partenariat multi-acteurs, consacré dans la mise en œuvre des Objectifs de Développement Durable, poursuivre et élargir les actions relevées ci-dessus à la base et espère continuer à compter sur l’appui du PNUD et de tous les Acteurs disposés parmi vous, notamment », a conclu son Secrétaire Exécutif, s’adressant aux Partenaires d’aide au développement présents à cette cérémonie.
Dans l’avant-propos du rapport présenté vendredi, le Représentant Résident du PNUD en RDC, Mr Dominic SAM, a relevé quant à lui que « les résultats de l’étude montrent globalement un faible alignement du budget 2018 aux priorités ODD. En effet, bien que des progrès budgétaires aient été constatés dans les ODD 1-5-10-16-17, les crédits budgétaires alloués aux autres ODD sont demeurés en deçà de leur niveau optimal. Par-delà ce déficit, l’intérêt de l’étude réside toutefois dans la pertinence et la qualité de ses recommandations. L’étude propose en effet des pistes de formulation des cadres budgétaires orientés sur les ODD et des stratégies d’alignement des investissements publics sur les ODD, qui contribueront, nous en sommes persuadés, à améliorer le niveau d’alignement des budgets ultérieurs aux priorités ODD ».
Le PNUD félicite tous les Experts qui ont contribué à la rédaction et à la validation technique de cette étude. Il remercie aussi Caritas Congo Asbl, et, à travers elle, toutes les ONG et Organisations de la Société Civile (OSC), pour leur engagement dans la mise en œuvre et le suivi des ODD.
Le nouveau gouvernement a relevé le niveau des dépenses publiques à 19,0% du PIB en 2020 contre 10% en 2019
Le Gouvernement congolais a été représenté à la présentation de cette étude par le Vice-Ministre du Budget, Mr Félix Momat Kitenge, au nom du Vice-Premier Ministre et Ministre du Budget empêché.

« La République Démocratique du Congo a souscrit à ce programme international de développement durable et s’est engagée à en faire le principal levier de son action de développement », a-t-il indiqué d’entrée de jeu. Il a ainsi salué la présente initiative de Caritas Congo Asbl de contrôle citoyen des politiques publiques, notamment à travers le Budget de l’Etat, laquelle rencontre le premier rapport national d’Examen Volontaire 2020 de la RDC qui a permis d’évaluer le progrès réalisé par le pays sur les ODD.
« Quant aux dépenses publiques réalisées (hors dons), elles sont restées inférieures à 11% du PIB, sur ces quatre dernières années, contre une moyenne de 18% pour les autres pays Africains subsahariens. Ce niveau déprimé des dépenses pourrait hypothéquer les chances du pays d’atteindre ses objectifs de développement durable à l’horizon 2030 », a reconnu le Vice-Ministre.
« Cependant, au terme de la transition politique de 2019, le nouveau gouvernement a relevé le niveau des dépenses publiques à 19,0% du PIB en 2020 contre 10% en 2019, impulsées par les programmes sociaux du Gouvernement ; un important accroissement des dépenses d’investissement de soutien à la croissance ; et une forte augmentation des dépenses salariales, pour améliorer le pouvoir d’achat des masses laborieuses longtemps oubliées », s’est-il réjoui.
« Pour la première fois depuis cinq années, les dépenses publiques de la RDC se situent à la hauteur de la moyenne des pays d’Afrique subsaharienne, a ajouté le Vice-Ministre du Budget. Ce niveau reflète l’ambition du nouveau Gouvernement à répondre rapidement aux préoccupations sociales de la population et à accélérer la mise en œuvre des ODD ».
« Les conclusions de l’étude sont certes pessimistes sur l’alignement du budget de l’Etat aux priorités ODD, mais nous sommes déterminés dans le cadre de la réforme des finances publiques en cours à mettre en place des budgets programmes axés sur les résultats dès l’exercice budgétaire 2021 », a rassuré Mr Félix Momat Kitenge. Il en a appelé pour cela à l’appui des Partenaires au développement. Il a enfin remercié Caritas Congo Asbl et le PNUD pour avoir initié la réalisation de cette importante étude, qui met à la disposition des parties prenantes de fortes recommandations sur l’élaboration des budgets pro-ODD. Il a félicité également tous les Experts qui ont travaillé sur cette étude.
Guy-Marin Kamandji
