RDC: SOS suite à la situation humanitaire inquiétante à Goma après l'éruption du volcan Nyiragongo
Goma, le 24 mai 2021 (caritasdev.cd): Après 1977 et février 2002, le volcan Nyiragongo, au Nord-Kivu (en RD Congo), est entré en éruption samedi 22 mai 2021. Jadis traumatisée par le choc de la catastrophe de 2002, la population de Goma et du territoire de Nyiragongo a été prise de panique, et devant cette avancée troublante de la lave volcanique sur la ville de Goma (dans sa partie Nord), des milliers de familles ont choisi de prendre la fuite, qui au Rwanda voisin, qui au sud-ouest de Goma, qui vers la localité de Sake, en territoire de Masisi, sur la route menant à Bukavu, au Sud-Kivu.
Goma, le 24 mai 2021 (caritasdev.cd): Après 1977 et février 2002, le volcan Nyiragongo, au Nord-Kivu (en RD Congo), est entré en éruption samedi 22 mai 2021. Jadis traumatisée par le choc de la catastrophe de 2002, la population de Goma et du territoire de Nyiragongo a été prise de panique, et devant cette avancée troublante de la lave volcanique sur la ville de Goma (dans sa partie Nord), des milliers de familles ont choisi de prendre la fuite, qui au Rwanda voisin, qui au sud-ouest de Goma, qui vers la localité de Sake, en territoire de Masisi, sur la route menant à Bukavu, au Sud-Kivu.
Dans cette débandage, des maisons et des boutiques ont été pillées par des personnes de mauvaise foi, des enfants et des personnes adultes vulnérables se sont égarés, des malades ont rechuté dans leur souffrance (malaises), des personnes sont décédées, exposées à divers dangers auxquels elles ont dû faire face pendant cette cavale nocturne, au milieu des milliers d’autres déplacés.
De nombreuses familles ont perdu leurs domiciles et leurs biens de première nécessité, emportés par la lave volcanique. Sans parler de leur bétail retrouvé, dans la plupart des cas, asphyxié par le gaz volcanique ou simplement consumé par le feu.
Des infrastructures sociales (centres de santé, écoles, bornes fontaines) sont partis en fumée, notamment dans le faubourg de Buhene (au nord de Goma) qui compte une importante population rurale venue s’y installer en fuyant l’insécurité qui gangrène les territoires de Rutshuru et de Beni, toujours au Nord-Kivu.
Des réservoirs d’eau d’une capacité importante aménagés par l’ONG internationale Mercy Corps et qui desservent plus de cinq quartiers de Goma, ont été partiellement ensevelis par la lave. Un des facteurs qui accroissent les risques de maladies hydriques au sein de la population et des risques de protection liés à la recherche d’eau (sur de très longues distances), tâche malheureusement assumée en premier lieu par les jeunes filles, et qui les expose à des abus et à des violences sexuelles.
Cette population, déjà appauvrie par des années de guerre aux conséquences innombrables, se voit de nouveau contrainte de prendre la fuite en ignorant complètement le contenu du Plan d’évacuation de la ville de Goma -mis en place par le Gouvernement provincial -qui, du reste, n’a pas été suffisamment (et pour certains, pas du tout) vulgarisé. Dans cet état des choses, la Caritas Goma vient de procéder à une analyse des besoins humanitaires urgents qui se présentent comme suit, en ce moment précis:
L’urgence d’apporter une assistance humanitaire en biens de première nécessité aux personnes les plus démunies ayant perdu l’essentiel de leurs moyens de subsistance à la suite de cette éruption volcanique. Dans la mesure du possible, inclure l’aménagement des abris provisoires pour les familles se trouvant sans abri.
L’urgence d’aménager des cliniques de soins provisoires dans des zones touchées par la lave volcanique ou encore d’appuyer des structures sanitaires se trouvant dans des zones de refuge et/ou de retour des personnes sinistrées, afin d’assurer les soins de santé de base des populations les plus affectées par l’éruption volcanique.
L’urgence de mettre en place des activités de prévention des épidémies (notamment du choléra et d’autres maladies d’origine hydrique touchant principalement les enfants), et renforcer les capacités des structures sanitaires à répondre à toute urgence sanitaire qui pourrait naitre de cette situation, y compris la possibilité de la montée (croissance brusque) des cas de Covid-19 due à une certaine baisse de vigilance en ce moment où tout le monde est d’abord préoccupé par l’éruption du volcan.
L’urgence de remettre en place un mécanisme rapide et adapté de recherche d’enfants et d’adultes vulnérables égarés (non accompagnés), investigation et réunification familiale; et ce, sans perdre de temps, étant donné que l’activité sismique du Nyiragongo reste intense et qu’en cas de nouvelles coulées de lave, de nouveaux mouvements de population pourraient causer de nombreux autres cas d’égarement. Ces interventions de réunification familiale seront soutenues par un important volet de sensibilisation utilisant une stratégie et des outils adaptés à la volatilité de la situation.
La nécessité de soutenir les efforts des structures de base et des organismes spécialisés dans l’orientation de la population dans le cadre de la vulgarisation et de la mise en œuvre du plan de contingence et de protection civile pour la ville de Goma.
Ces besoins ne sont pas les seuls, mais sont, en ce moment précis, les plus urgents, précise le bureau d’Urgence de la Caritas Goma.
Avec Caritas Goma
Cellule de Communication
