Spécial 9 août 2025 : Journée internationale des peuples autochtones honore les gardiens du Bassin du Congo
Kinshasa, le 8 août 2025 (caritasdev.cd) : La Journée internationale des peuples autochtones, célébrée chaque année le 9 août, est l’occasion de rendre hommage aux communautés autochtones qui jouent un rôle essentiel dans la préservation de la biodiversité et des savoirs ancestraux. Cette année, le thème mondial est : « Peuples autochtones et l’intelligence artificielle : défendre les droits, façonner l’avenir ».
La République démocratique du Congo abrite plusieurs communautés autochtones, notamment les peuples Pygmées, qui vivent en étroite relation avec les forêts tropicales du Bassin du Congo. Ces peuples sont les dépositaires de savoirs écologiques uniques, transmis oralement depuis des générations.
Pourtant, ils restent parmi les plus marginalisés du pays, confrontés à des défis liés à l’accès à l’éducation, à la santé, et à la reconnaissance de leurs droits coutumiers.
Certes, la promulgation de la loi n° 22/030 du 15 juillet 2022 porte sur la protection et la promotion des droits des peuples autochtones pygmées a été une victoire historique pour les peuples autochtones de la RDC. Mais la mise en œuvre des mesures d’application n’a pas encore été effective.
Un thème mondial audacieux : entre espoir et décalage des peuples autochtones
Le thème de cette année peut sembler, à première vue, éloigné des réalités quotidiennes des peuples autochtones, notamment en RDC. Mais il soulève des enjeux cruciaux.
Selon une étude publiée dans le journal IJRDO, la présence croissante des technologies de l’information et de la communication-Internet, téléphonie mobile, médias satellitaires (Canal+, Euro-Star, Startime), opérateurs télécoms (Vodacom, Orange, Airtel), modifie progressivement les comportements sociaux dans les milieux autochtones.
Cependant, de nombreuses communautés vivent encore dans des zones reculées, sans accès aux infrastructures numériques. Pour elles, ce thème peut sembler abstrait. Mais il peut aussi devenir une porte d’entrée vers une inclusion future, à condition que : les politiques numériques nationales intègrent les réalités autochtones, les projets pilotes soient lancés pour documenter les langues et les savoirs locaux. Il faut aussi que les peuples autochtones soient formés et consultés dans le développement de ces outils.
L’intelligence artificielle : menace ou opportunité ?
Même si les peuples autochtones n’ont pas toujours accès direct aux technologies, les décisions prises par des systèmes d’IA dans la santé, l’éducation ou la gestion des terres, peuvent les affecter indirectement.
Mais l’IA peut aussi devenir un outil de préservation culturelle. Elle peut aussi aider dans la documentation des langues autochtones menacées, à la cartographie des terroirs de PA et à la transmission des savoirs ancestraux via des plateformes innovantes.
Le site des Nations Unies souligne : « Pour exploiter pleinement le potentiel de l'IA, les peuples autochtones doivent être respectés en tant que détenteurs de droits, co-créateurs et décideurs. Une inclusion significative, la souveraineté des données et une innovation ancrée dans la culture sont essentielles pour que l'IA renforce l'autonomie de leurs communautés. »
« Si l'IA peut contribuer à la revitalisation culturelle, à l'autonomisation des jeunes et même à l'adaptation au changement climatique, elle renforce souvent les préjugés, l'exclusion et la représentation erronée des peuples autochtones. »
Paris Mona
