Sud-Ubangi : la Caritas et son projet « Un Monde Sans Faim » facilitent l’autonomisation de Mme Catherine Nyalanga par la pisciculture
Gemena, le 18 mars 2022 (caritasdev.cd) : l’association JOCALVI est parmi les organisations paysannes bénéficiaires du projet « Un Monde Sans Faim » que Caritas Congo Asbl réalise dans les provinces du Nord et du Sud-Ubangi, à travers ses Structures diocésaines des Caritas-Développement Molegbe et Budjala. Madame Carine NYALANGA, Présidente de ladite association témoigne sur l’impact que ce projet a produit pour elle et pour ses membres, particulièrement dans le domaine de la pisciculture.
Gemena, le 18 mars 2022 (caritasdev.cd) : l’association JOCALVI est parmi les organisations paysannes bénéficiaires du projet « Un Monde Sans Faim » que Caritas Congo Asbl réalise dans les provinces du Nord et du Sud-Ubangi, à travers ses Structures diocésaines des Caritas-Développement Molegbe et Budjala. Madame Carine NYALANGA, Présidente de ladite association témoigne sur l’impact que ce projet a produit pour elle et pour ses membres, particulièrement dans le domaine de la pisciculture.
Ces derniers ont bénéficié d’abord de la formation qui a consisté à leur donner des méthodes et techniques pour perfectionner la pisciculture (comment et quand nourrir les poissons pour une bonne croissance). Ils ont ainsi appris notamment à faire des digues d’au moins 3 mètres de largeur, à consolider par la plantation de la pelouse ou des arbres fruitiers comme le manguier, safoutier…
Hormis la formation en pisciculture, le projet « Un Monde Sans Faim » a remis à l’association JOCALVI des outils de travail (des manchettes, bêches, pelles, haches, houes, brouettes et tuyaux PVC à tous les pisciculteurs) et des alevins.
Carine NYALANGE, femme autonome
La Présidente et visionnaire de l’Association JOCALVI, Madame Carine NYALANGA, est une femme au foyer. Agée de 45 ans, elle est mère de dix enfants. Autonome, « Maman Carine » n’attend pas le salaire de son mari pour répondre à ses besoins quotidiens ni à ceux de sa famille. Bien plus, elle a initié la création d’une association qui compte vingt-cinq membres, dont 14 femmes et 11 hommes. En dirigeant cette organisation, Mme Carine Nyalanga s’engage dans le sens de « l’égalité des sexes aujourd’hui pour un avenir durable », thème mondial de la Journée Internationale des Droits de la Femme 2022.
En ce mois de la Femme, les activités réalisées par Mme Carine approchent le thème national de cette Journée, à savoir « la promotion de l’autonomisation des femmes et des filles dans les contextes de lutte contre le changement climatique et réduction des risques de catastrophes ».
Après l’avoir visitée sur le terrain, Caritasdev.cd a recueilli mercredi 16 mars 2022, le témoignage satisfaisant de cette femme courageuse et entreprenante, qui s’exprime comme suit :
« J’étais commerçante des babouches avant de devenir piscicultrice. Je voyais comment mon mari élevait les bétails, y compris les poissons. Et, après une visite que j’avais effectuée dans le Territoire de Budjala auprès de ma belle-famille, j’étais émerveillée de la manière dont ils faisaient la pèche. A mon retour à Gemena, j’avais décidé d’abandonner le commerce des babouches pour commencer la pisciculture après trois ans d’observation faite à Budjala. Mais, Budjala a beaucoup de cours d’eau et, c’est à 89 kms de Gemena. Comment exercer alors la pêche dans le chef-lieu du Sud-Ubangi ? Je me suis dit alors, mieux vaut faire des étangs et y élever des poissons. J’avoue que le début n’était pas facile. Aménager les étangs n’est pas une tâche facile. Il fallait dépenser entre 100 à 150 dollars US pour la main-d’œuvre masculine. Aujourd’hui, il en faut même 200. Comme je n’avais pas assez des moyens, j’étais obligée de commencer avec deux étangs.
C’est donc en 2013 que j’ai commencé cette activité de la pisciculture, grâce à mes efforts et le soutien de mon mari. Au début, ca a étonné l’opinion, en voyant que c’est une femme qui s’investissait dans la pisciculture. De deux étangs au départ, je suis parvenu à ajouter deux autres ».
En dépit des plusieurs tâches que peut exercer une femme au foyer, « Maman Carine » s’est distinguée en prouvant qu’une femme n’est pas bonne seulement pour mettre au monde, ou pour cuisiner. Elle peut entreprendre d’importantes activités communautaires, en accomplissant d’activités apparemment réservées aux hommes, voire en pilotant une association comptant des hommes, quand bien même ce n’est pas facile. Mais en tant que présidente et visionnaire, elle doit exercer l’autorité sur tous les membres de l’association pour de meilleurs résultats.
Impact du « MSF » pour les activités de Mme Carine
Certes, elle élevait déjà des poissons ; mais, elle ne savait pas que la pisciculture avait ses exigences (des techniques pour une meilleure croissance des poissons) : séparer les poissons selon leurs espèces, bien les nourrir, tenir compte de la profondeur des étangs ( entre 2.5 à 3 mètres), les laisser grandir pendant huit à dix mois (un poisson peut peser un kilo, chose qui ne se faisait pas avant), bien installer les digues (de 2 à 3 mètres), etc.
» Les avantages du projet sont donc énormes. D’abord la connaissance technique ; ensuite les intrants (brouettes, machettes, houes, bèches, tuyaux PVC..), la multiplication des étangs et une meilleure croissance des poissons. Dès lors, la scolarité des enfants est devenue assurée grâce aux revenus générés et que nous partageons entre membres. Plusieurs ont d’ailleurs aménagé leurs propres étangs, grâce aux techniques apprises ici « , a déclaré Mme Nyalanga.
« Maman Carine » ajoute en disant que la présence de la Caritas et de son projet « Un Monde Sans Faim » (MSF) a été d’une grande importance pour leur communauté en général et pour elle en particulier.
« Ils sont venus en 2018 dans notre province avec cette idée de mettre fin à la faim en nous montrant comment faire l’agriculture, l’élevage, la pèche (la pisciculture)…Un ‘ MSF ‘ est vraiment une référence pour moi.
Ils m’ont trouvée avec quatre étangs dont chacun produisait au moins dix kilos de poissons, que nous mettions dans un seau de 10 litres. Nous vendions ces poissons par tas. Mais aujourd’hui j’ai vingt-quatre étangs. Chacun commence à produire entre 60 et 65 kgs de poissons. J’avoue que c’est grâce à MSF que je suis devenue autonome. Caritas et son projet m’ont formée et me voici faire de grandes œuvres.
Le jour de l’ouverture de nos étangs, il y a un grand monde ici, avec la présence remarque des moto-taxis. Le premier avantage que nous tirons donc de cette pisciculture, c’est que les gens mangent à satiété du poisson.
Comme avant on perdait beaucoup des poissons, ils nous ont conseillé de faire l’étude préalable du marché avant l’ouverture des étangs. Ca éviterait de pertes dans le cas où tous les poissons n’étaient pas écoulés. Nous vendons désormais par kilo. Un kilo de poissons revient à 10.000 Francs Congolais soit 5 USD), pour le tilapia par exemple. Nous avons d’autres espèces de poissons comme « la mer », « mongusu »…

Le fruit de ces ventes nous aide à faire face aux besoins essentiels de nos familles et à épargner. Personnellement, j’ai déjà construit une maison sur ce site pour y recevoir à tout moment des visiteurs et autres clients qui aiment manger du poisson frais. Elle servira également de dépôt des poissons dans un proche avenir. Une manière de disponibiliser le poisson, au lieu de tout vendre le jour de l’ouverture des étangs, par manque d’unités de conservation.
Nous sollicitons encore pour ce faire l’assistance de la Caritas et de son projet « Un Monde Sans Faim », pour nous doter des congélateurs (en vue d’une bonne conservation des poissons) et des motopompes (pour pomper des eaux d’étangs) et cela nous rendre plus efficaces dans notre production.
Rappelons que, le projet d’un Monde Sans Faim est financé par le Ministère allemand pour la coopération et le développement (BMZ), via la Caritas Allemagne. Il cible 5.000 ménages agricoles dans les provinces du Nord-Ubangi et du Sud -Ubangi.
Mlle Vanessa Iragi & Guy-Marin Kamandji
