Crise sanitaire dans le diocèse de Butembo-Beni au Nord-Kivu : entre résilience et défis majeurs
Butembo, le 01 septembre 2025 (caritasdev.cd) : Le Diocèse de Butembo-Beni, situé à l’extrême Nord de la province du Nord-Kivu en République Démocratique du Congo (RDC), couvre une vaste superficie de 45 000 km², englobant les zones administratives de Beni et Lubero. Il s’étend sur 18 zones de santé, dont 17 dans le Nord-Kivu et une dans la province de l’Ituri. À travers ces zones, 73 établissements de soins de santé (ESS) sont coordonnés par le Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (BDOM). Malgré un contexte sécuritaire extrêmement précaire, plusieurs structures sanitaires ont repris leurs activités. Toutefois, cette reprise reste fragile et entravée par des défis multidimensionnels. Dans un document parvenu récemment à caritasdev.cd, il fait l’état de lieu des structures sanitaires dans le diocèse de Butembo-Beni.
Des bâtiments en ruine
Les infrastructures sanitaires ont été gravement touchées par les conflits armés. Des centres de santé tels qu’Alimbongo et Kinéhembaore ont été détruits par des bombardements. D’autres structures (CS Luofu, CH Reine des Anges, CH Notre Dame de Fatima, CSR Maeba) ont été pillées : portes arrachées, équipements médicaux, kits informatiques et solaires, ainsi que matelas volés. La réhabilitation reste difficile, faute de moyens et de sécurité.
Prise en charge médicale : Une chaîne fragilisée
La qualité des soins est compromise par : le manque de matériel médical, emporté lors des attaques. On signale aussi des obstacles administratifs qui entravent l’acheminement des médicaments vers les zones à risque. L’épuisement des stocks durant les périodes de guerre, aggravé par l’insolvabilité des patients, notamment les militaires et leurs familles, souvent soignés gratuitement.
Par ailleurs, les structures sanitaires font face à une crise financière car on remarque une faiblesse de paiement des soins par les patients compromet le fonctionnement des établissements. Certains mandataires, contraints de rejoindre des groupes armés, ne peuvent plus accéder aux comptes bancaires des structures. Il faut aussi ajouter le manque de soutien des bailleurs de fonds accentue la précarité.
Ressources humaines : entre exil et épuisement
Le personnel médical est profondément affecté. Plusieurs agents ont fui sans ressources, certains ayant perdu tous leurs biens. La peur d’un retour de la guerre empêche certains de reprendre leur poste. Ceux qui restent travaillent dans des conditions stressantes, démotivés par l’insécurité et l’absence de rémunération. Une taxe imposée récemment par les rebelles ajoute une pression supplémentaire.
Des routes impraticables
Au-delà de l’insécurité, l’état des routes dans certaines zones du diocèse rend l’accès au soin encore plus difficile. L’isolement géographique aggrave les inégalités et freine les interventions humanitaires.
Le Diocèse de Butembo-Beni incarne une résilience admirable face à cette crise sanitaire et sécuritaire persistante. Il est urgent que les acteurs humanitaires, les bailleurs de fonds et les autorités locales renforcent leur appui pour restaurer les infrastructures, sécuriser les approvisionnements et soutenir le personnel médical. Sans cela, les populations les plus vulnérables resteront privées de soins essentiels.
Paris Mona
