RDC : 2,25 milliards USD à mobiliser pour financer les besoins critiques de 10 millions de personnes en 2023
Kinshasa, le 22 février 2023 (caritasdev.cd) : au nom du 1er Ministre empêché, le Ministre des Affaires Sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité Nationale, Modeste Mutinga, a lancé ce mercredi le Plan de Réponse Humanitaire 2023 pour la République Démocratique du Congo (RDC). La cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel Béatrice de Kinshasa, en présence des représentants des Institutions étatiques, des ambassadeurs et représentants du Corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, partenaires de l’action humanitaire (ONGI et ONGN) et des médias. Ce plan vise à mobiliser 2,25 milliards de dollars américains pour financer les besoins critiques de 10 millions de personnes vulnérables dans le pays. Il sera mis en œuvre par 489 acteurs humanitaires opérationnels dans le pays, dont de nombreuses ONG nationales.
Kinshasa, le 22 février 2023 (caritasdev.cd) : au nom du 1er Ministre empêché, le Ministre des Affaires Sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité Nationale, Modeste Mutinga, a lancé ce mercredi le Plan de Réponse Humanitaire 2023 pour la République Démocratique du Congo (RDC). La cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel Béatrice de Kinshasa, en présence des représentants des Institutions étatiques, des ambassadeurs et représentants du Corps diplomatique, des partenaires techniques et financiers, partenaires de l’action humanitaire (ONGI et ONGN) et des médias. Ce plan vise à mobiliser 2,25 milliards de dollars américains pour financer les besoins critiques de 10 millions de personnes vulnérables dans le pays. Il sera mis en œuvre par 489 acteurs humanitaires opérationnels dans le pays, dont de nombreuses ONG nationales.
En réalité, ce sont 26,4 millions de personnes, soit 1 Congolais sur 4, qui sont confrontés à l’insécurité alimentaire ; faisant de la RDC le pays le plus affecté par cette situation au monde. Avec 5,7 millions de personnes déplacées à cause du conflit, la RDC compte également le plus grand nombre de personnes déplacées internes sur le continent africain. Mais, faute de moyens financiers, le Plan de Réponde Humanitaire 2023 n’a ciblé que 10 millions de personnes.
RDC : l’une des crises humanitaires les plus sévères, ... mais, moins soutenue que d’autres
« Car, la RDC, malgré son énorme potentiel humain, ses énormes ressources naturelles, les multiples opportunités que le pays recèle, comme pays-solution ; malgré toutes les avancées que le pays connaît, y compris en matière économique, malgré tout cela, la RDC continue à connaître l’une des crises humanitaires les plus complexes, les plus longues et les plus sévères au monde », a souligné le Coordonnateur Humanitaire en RDC, Mr Bruno Lemarquis.

« Pourtant, bien que les souffrances soient les mêmes, cette crise est moins visible que d’autres ; plus négligée que d’autres, et moins soutenue que d’autres », a-t-il déploré dans son discours.
Voilà pourquoi Bruno Le Marquis a salué l’engagement de tous pour leur soutien en faveur du Plan de Réponse Humanitaire 2023, en particulier les Autorités nationales. En effet, comme chaque année, le Plan de Réponse Humanitaire résulte d’une analyse commune entre le Gouvernement congolais, les Agences humanitaires des Nations Unies ainsi que les ONG internationales et nationales.
Ministre Mutinga : une nouvelle campagne de solidarité internationale pour soutenir le plan de réponse humanitaire 2023
« L’assistance humanitaire constitue un volet important de la vision du Président de la République, Son Excellence Monsieur Félix-Antoine Tshisekedi, telle qu’inscrite dans le programme d’actions du Gouvernement que dirige avec dextérité Son Excellence Monsieur le Premier Ministre Jean-Michel Sama Lukonde. Sa matérialisation fait face à un grand défi de mobilisation des ressources pour financer les actions prioritaires », a indiqué pour sa part le Ministre des Affaires Sociales, des Actions humanitaires et de la Solidarité Nationale, Modeste Mutinga.

« Le Plan de Réponse Humanitaire 2023 repose sur une stratégie permettant de préserver l’intégrité physique et mentale de 10 millions de personnes et à renforcer leurs capacités à se relever des chocs. L’amélioration de cette situation humanitaire préoccupante reste tributaire du financement du Plan de Réponse Humanitaire que nous lançons ce jour, avec des besoins en croissante augmentation, estimée à 2,25 milliards de dollars américains en 2023, par rapport à 1,880 milliards USD en 2022 », a-t-il ajouté. Le Ministre a salué le sacrifice des acteurs humanitaires, dont 9 sont tombés sur le terrain en 2022, en mémoire de qui il a demandé à l’assistance une minute de silence.
« Cette année, nous comptons sur le partenariat objectif, fructueux et solide qui nous lie au Système des Nations Unies, à travers le Bureau du Coordonnateur Humanitaire et OCHA. Nous devons rapidement planifier une nouvelle campagne de solidarité internationale en vue de soutenir ce plan de réponse humanitaire 2023 », a annoncé le Ministre Mutinga. L’accent devrait être mis sur la priorisation conjointe des urgences et la localisation objective et équilibrée des interventions, a insisté le ministre. Ce dernier a ensuite lu le message du Premier Ministre en cette occasion.
La communauté internationale des bailleurs de fonds humanitaires prête à soutenir le PRH 2023
Parlant au nom du groupe des bailleurs de fonds humanitaires en RDC, le Chef de Bureau ECHO, Mr Johan Heffinck, a fait « observer avec inquiétude que la situation humanitaire et sécuritaire dans l’Est du pays s’est considérablement détériorée et qu’une fois de plus, davantage de personnes ont été déracinées et que davantage de familles ont dû fuir des combats intensifs, avec rien de plus que ce qu’elles pouvaient porter sur leur dos.. Les conflits et l’insécurité, les catastrophes naturelles et les épidémies, l’insécurité alimentaire et la malnutrition apparaissent de nouveau comme causes principales de cette crise humanitaire qui persiste depuis trop d’années ».
Mr Johan Heffinck a souligné que « nous essayons en tant que donateurs de soutenir autant que possible le gouvernement congolais et les institutions congolaises en coopération avec une grande variété de partenaires nationaux et internationaux, pour faire face à cette situation, mais nous sommes confrontés à plusieurs problèmes ». Malgré cela, « la communauté internationale des bailleurs de fonds humanitaires est prête, une fois de plus, à faire le maximum possible pour mettre à disposition les moyens nécessaires pour ce plan de réponse humanitaire », a-t-il noté.
Les ONG Internationales déplorent la réduction de l’espace humanitaire
Par ailleurs, le Représentant des ONG Internationales, Mr Nathaniel Allaire Sévigny, a déploré que « la détérioration de la situation à l’Est de la RDC conduit à une réduction de l’espace humanitaire, menant les ONGI à de nombreux problèmes d’accès et de sécurité qui doivent être résolus urgemment. Parvenir à accéder à ces zones est bien évidemment une étape importante. Pouvoir y rester et fournir l’aide humanitaire, est aujourd’hui devenu un enjeu crucial ». Et de préciser : « Au cours du dernier trimestre 2022, il a été dénombré plus de 82 incidents concernant les ONGI avec plus de 17 incidents sévères et cinq humanitaires tués ». Il a rappelé à toutes les parties prenantes l’importance de garantir à l’ensemble de la communauté humanitaire l’accès auprès des populations locales. « Par l’ensemble, nous entendons les Agences des Nations Unis, les ONGI, les ONGN et la société Civile », a-t-il signifié. Il a appelé le Gouvernement congolais à faciliter l’accès humanitaire et à réduire les trop nombreuses contraintes administratives.
Franche collaboration entre les ONG Nationales et les autres acteurs humanitaires
Pour sa part, le Représentant des ONG Nationales, le Secrétaire Exécutif de Caritas Congo Asbl, Mr Boniface Nakwagelewi ata Deagbo, s’est réjoui de la « franche collaboration (qui) a permis aux ONGs nationales de participer aux évaluations des différentes situations humanitaires, à collecter les données, à mener des sensibilisations des populations sur les problèmes réels de la société et à l’éducation au développement durable, à la valorisation des cultures, à la promotion des droits de l’homme, à la lutte contre le travail des enfants et à l’amélioration des conditions de travail, etc ».

Pour Mr Nakwagelewi ata Deagbo, « les ONGs nationales réalisent un travail humanitaire de proximité sur terrain. Elles sont proches des populations avant, pendant et après les crises. Elles sont les premières à faire remonter les informations de la base, non seulement au niveau du Gouvernement et de la coordination humanitaire, mais aussi au niveau des ONGi favorisant ainsi un plaidoyer à l’échelle nationale et internationale. Les ONGs nationales saluent l’évolution positive de leur accès aux Fonds Commun Humanitaire. Elles remercient très sincèrement la Coordination humanitaire pour avoir augmenté le nombre des ONGs nationales aux réunions de l’Equipe Humanitaire Pays, mais aussi le nombre des ONGs membres du Conseil Consultatif du FCH ».
Le Représentant des ONG Nationales a recommandé que la localisation des interventions soit effective et totale en République Démocratique du Congo pour accroître le respect du rôle des acteurs locaux, dans le but d’augmenter la portée, l’efficacité et la redevabilité de l’action humanitaire. Il a aussi émis le vœu de voir le NEXUS Humanitaire – Développement – Paix être réellement mis en exécution, compte tenu des crises qui s’inscrivent de plus en plus dans la durée en RD Congo.
Le Plan de Réponse Humanitaire : un processus hautement participatif

Enfin, dans son mot de bienvenue, la Cheffe de Bureau OCHA RDC, Mme Carla Martinez, a souligné que « notre Plan de Réponse Humanitaire 2023-2024 est le fruit d’un processus hautement participatif qui a impliqué tous les acteurs, Services techniques des Ministères, ONG Nationales et Internationales, Agences du Système des Nations Unies, les Bailleurs de fonds » . Elle a demandé à tous ces acteurs de continuer à appuyer la Réponse humanitaire en RDC pour la protection, la redevabilité collective, l’intérêt des populations les plus affectées et le respect des principes humanitaires. Elle a salué la franche collaboration entre le Bureau de OCHA et le Ministère des Affaires Sociales, Actions Humanitaires et de la Solidarité et Actions Humanitaires, et avec toutes les Institutions étatiques nationales.
Guy-Marin Kamandji
