RDC : des résultats encourageants de la pisciculture promue par le Réseau Caritas dans 4 Provinces
Kisantu, le 10 octobre 2022 (caritasdev.cd) : Réduire l’insécurité alimentaire et diversifier les sources de revenus des ménages est l’objectif principal qui motive l’engagement de la Caritas Congo Asbl et du Réseau Caritas avec leurs partenaires à investir dans la pisciculture. Il est manifesté particulièrement à travers le programme d’appui à la Sécurité Alimentaire et Renforcement des capacités économiques des ménages ruraux dans les Diocèses de Butembo-Beni, Kindu, Kisantu et Kongolo (2018-2021) , exécuté dans les Provinces du Nord-Kivu, Maniema, Kongo Central et Tanganyika.
Kisantu, le 10 octobre 2022 (caritasdev.cd) : Réduire l’insécurité alimentaire et diversifier les sources de revenus des ménages est l’objectif principal qui motive l’engagement de la Caritas Congo Asbl et du Réseau Caritas avec leurs partenaires à investir dans la pisciculture. Il est manifesté particulièrement à travers le programme d’appui à la Sécurité Alimentaire et Renforcement des capacités économiques des ménages ruraux dans les Diocèses de Butembo-Beni, Kindu, Kisantu et Kongolo (2018-2021) , exécuté dans les Provinces du Nord-Kivu, Maniema, Kongo Central et Tanganyika.
Des milliers de ménages touchés par les résultats encourageants
Le développement de la pisciculture dans les zones d’intervention implique les acteurs suivants : les paysans pisciculteurs, surtout les femmes et les jeunes avec une considération sur la masculinité positive ; les propriétaires terriens, les Services étatiques en charge de l’environnement, de la pêche et l’élevage.

Ainsi, auDiocèse de Butembo-Beni, 200 étangs aménagés ont produit 3.853 kg de poissons en 2021, avec un rendement moyen est de 71kg / are. 457 ménages sont actifs dans les activités de la pisciculture, dont 70 membres de la COOPILU, Coopérative des pisciculteurs de Lubero, parmi lesquels 6 femmes.
A la même période, au Diocèse de Kindu, 186 étangs sur 657 aménagés ont produit 28.464 Kg des poissons tilapias nilotica. 636 familles disséminées dans les différents villages de la zone d’intervention du programme sur les 1.548 accompagnées, soit 41%, ont été touchées par cette activité.
Au Diocèse de Kisantu, l’initiative a débuté en fin 2020. Au total, 345 ménages sont actifs dans cette activité, soit environ 10% des ménages accompagnés. En 2021, 2.135 kg de poissons Clarias et Tilapia ont été produits. 28 étangs ont été aménagés dans les sites de Kinsonia, Kindamba avec une charge d’alévins de 19.500 Clarias et 6.500 Tilapia.
Au Diocèse de Kongolo, 456 familles à leadership féminin, soit 51% des femmes accompagnées, et 103 jeunes entrepreneurs sont engagés dans le développement de la pisciculture, soit 15% des ménages accompagnés. . L’appui de la Caritas a contribué à l’augmentation de la production piscicole, passée de 920 Kg par hectare à 1.168 Kg, soit 27% d’augmentation. 17 étangs communautaires ont été aménagés dans la zone, avec une charge de 12.600 alevins de Tilapia. Cette activité a commencé en 2018.
Activités phares réalisées
Dans toutes ces quatre Provinces, les activités menées avec l’accompagnement de la Caritas dans ce secteur de pisciculture sont essentiellement les suivantes : sensibilisation des ménages des groupements paysans sur l’importance de la pisciculture,identification du site piscicole, évaluation du coût d’investissement des activités, délimitation et piquetage de terrains , achat de matériel de creusage d’étangs, creusage d’étangs, confection de digues, couverture de digues, chaulage des étangs, confection des compostières,alimentation en eau tout en réservant les voies d’évacuations moyennant les tuyaux de trop plein et canal d’évacuation ; chargement/ensemencement des étangs ; alimentation des poissons ; entretien des étangs ; récolte de poissons.

Dans le Diocèse de Kisantu,« il existe une unité spécialisée dans la production des alevins de poisson chat « Clarias » doté du matériel moderne, qui set d’approvisionnement. Au niveau du programme, une écloserie a été mise en place avec les moyens locaux. Toutefois, la gestion de température demeure un des problèmes de durabilité de cette innovation.
Perspectives d’avenir
Caritas envisage développer la rizi-pisciculture (culture du riz associée aux poissons) afin de surmonter des problèmes notamment liés à l’intensification agricole, l’amélioration de la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique par la valorisation des bas – fonds.
Ainsi, les actions seront plus orientées vers l’engraissement des poissons, les essais de domestication des poissons d’eau douce (rivières, fleuve Congo) dans les étangs piscicoles des paysans, la formation aux techniques de fumage et séchage des poissons, la mise en place d’unité de fabrication d’aliments des poissons.
Difficultés rencontrées
Des difficultés ne manquent pas dans la réalisation de la pisciculture. L’on peut citer notamment les catastrophes naturelles (inondation, tarissement des étangs), insuffisance d’expertises et des outils adéquats dans les domaines de transformation et conservation des poissons , des techniques de production de poissons d’étangs.
L’on peut relever également l’alimentation des poissons ; le vol des poissons et la présence des prédateurs ; la faible libération des frais d’adhésion, des parts sociales et des crédits d’alevins par les membres de coopératives; le prix élevé d’alevins (Clarias : 0,3 $US/tête, carpes : 0,4 $US/tête et tilapia : 0,2 $US/tête) ; la concurrence du prix des poissons des pisciculteurs avec les poissons importés (Thomson en prévenance de la Namibie) ; les alevins importés de l’Ouganda (pour le cas du Diocèse de Butembo-Beni), ce qui occasionne des pertes énormes dues aux longues distances et aux mauvaises conditions de transport.
Il y a aussi l’écoulement difficile des poissons frais dans les différents villages moins peuplés, avec des revenus modiques, sans oublier la vétusté des voies routières.
Il sied de noter en outre que l’approvisionnement en alevins dans les structures spécialisées est très couteux. Les ménages et leurs groupements engagés dans l’engraissement des poissons sont butés aux problèmes d’accès aux aliments spécialisés.
Ce projet est exécuté dans les provinces du Nord-Kivu, du Maniema, du Kongo Central et du Tanganyika, avec l’accompagnement de Caritas Congo ASBL à travers la Service de Promotion du Développement pour améliorer la sécurité alimentaire et la capacité économique des personnes vivant dans la pauvreté. Il vise 7.200 ménages paysans, soit 43.200 personnes. Il est financé par l’Agence Norvégienne de la Coopération Internationale (NORAD), à travers la Caritas Norvège, avec une enveloppe de 25.983.583 Couronnes Norvégiennes, soit environ 2,5 millions d’Euros, pour une durée de 4 ans (2018-2021).
Guy-Marin Kamandji
