Elevage des poissons : des étapes pour mettre en place un étang piscicole
Butembo, le 07 juillet 2023 (caritasdev.cd) : L’élevage des poissons en province du Nord-Kivu devient de plus en plus une pratique courante pour répondre à la demande du poisson sur le marché. D’une part, cet élevage est la seule alternative en termes d’initiative locale pour suppléer les lacs naturels qui fournissent les poissons à l’est de la RDC. D’autre part, la pisciculture présente des potentialités pour booster l’économie des communautés rurales et peut améliorer la sécurité alimentaire dans les ménages ruraux.
Butembo, le 07 juillet 2023 (caritasdev.cd) : L’élevage des poissons en province du Nord-Kivu devient de plus en plus une pratique courante pour répondre à la demande du poisson sur le marché. D’une part, cet élevage est la seule alternative en termes d’initiative locale pour suppléer les lacs naturels qui fournissent les poissons à l’est de la RDC. D’autre part, la pisciculture présente des potentialités pour booster l’économie des communautés rurales et peut améliorer la sécurité alimentaire dans les ménages ruraux.
Caritas Butembo-Beni est désormais parmi les vulgarisateurs de la pisciculture en province du Nord-Kivu, précisément en territoire de Lubero. C’est dans l’agglomération de Musienene de Musienne et les villages de Muhangi et Vuyinga.
La Caritas du Diocèse de Butembo-Beni accompagne 75 pisciculteurs, tous membres de la Coopérative des Pisciculteurs de Lubero [COPILU] mise en place dans l’objectif de promouvoir la pisciculture. C’est dans le cadre du projet de Sécurité Alimentaire sous financement de l’Agence Norvégienne de Développement NORAD, via les Caritas Norvège et Congo.
L’installation d’un étang piscicole demande au préalable la connaissance des certaines pratiques. Il y a des étapes à respecter pour permettre aux poissons de croitre dans les bonnes conditions et en toute sécurité contre les prédateurs. La mise en place de la nouvelle ferme piscicole de Caritas Butembo-Beni à Musienene nous permet de détailler les étapes suivies par Caritas pour installer ses étangs piscicoles, des pratiques promues auprès des paysans pisciculteurs.
- Accès à un terrain : pour avoir un étant piscicole, il faut avoir accès à un terrain plan, pas loin d’une rivière ou d’un cours d’eau pour alimenter l’étang piscicole en eau et à quantité suffisante. Mais aussi, l’espace doit être exposé aux rayons solaires et à l’eau des pluies, car les poissons en ont besoin.
- Connaitre l’espèce de poisson à élever : il faut connaitre les espèces à élever et leur nombre. Ces données vous permettent en amont de définir les dimensions de l’étang piscicole, en réfléchissant sur base du volume des poissions lorsqu’ils atteindront l’âge adulte. Plus les poissons croissent, plus ils ne devront pas être étouffés dans ce milieu artificiel de vie.
- S’assurer de creuser suffisamment : Il faut creuser à profondeur pour le bon épanouissement des poissons, aussi protéger les poissons pendant les saisons de forte chaleur. Lorsque l’eau chauffe à la surface, au-moins les poissons auront la chance de rester à la profondeur pour profiter de l’eau froide.
- Trois tuyaux pour gérer la circulation de l’eau : Penser à installer trois tuyaux qui ont chacun un rôle spécifique dans la circulation de l’eau dans l’étang piscicole. Le premier alimente l’étang en eau. Le deuxième sert de trop-plein pour ne pas dépasser un certain niveau d’eau dans l’étang piscicole. Le dernier tuyau a le rôle de vide l’étang.
- Penser à alimenter les poissons en oxygène : le tuyau qui alimente l’étang piscicole en eau joue aussi le rôle d’approvisionner les poissons en oxygène, mais à condition qu’il y ait une chute d’eau dans l’étang à environ 30 à 50 cm. Avec cette chute, deux phénomènes physiques permettent cette oxygénation : les bulles d’air qui se forment à la tombée de l’eau dans l’étang et les ondes qui se propagent à la surface de l’eau.

- Prévoir une mangeoire : il faut prévoir aussi la mangeoire des poissons. Elle accueille la nourriture. Comme c’est un espace qui attire de temps en temps les poissons, il faut éviter de le mettre à l’extrémité de l’étang piscicole pour éviter que les malintentionnées ne viennent pour pêcher les poissons.
- Prévoir un bassin en amont : Il faut prévoir un bassin en amont de l’étang piscicole pour filtrer l’eau. Il empêche le sable, les prédateurs et des microorganismes de pénétrer directement dans l’étang piscicole.
- Planter la pelouse : la pelouse autour de l’étang piscicole embellit le décor, mais c’est un moyen efficace pour faire face aux prédateurs qui mangent poisson, surtout les serpents. Le serpent peut avoir du mal à ramper sur la pelouse grâce à la structure de cette herbe.

- Penser à mettre l’enclos : il protège l’étang piscicole contre la pèche par des intrus. Il peut également éviter que des enfants jouent à côté de l’étang avec le risque de se noyer.
- Si possible, prévoir un étang parallèle pour les alevins : après la première récolte des poissons, il est nécessaire de prévoir un deuxième étang, peut-être de petite dimension. Il faut y mettre des alevins pour les séparer et les protéger des gros poissons. C’est à un certain âge que les alevins pourront être mis dans un même étang piscicole avec les poissons en âge de maturité.
- Choix des espèces : Une fois son étang piscicole est prêt pour accueillir les poissons, il faut penser au choix des alevins. En territoire de Lubero, avec la COPILU, Caritas Butembo-Beni recoure à trois espèces : le clarias, le carpe et le tilapia.
Elie Kasereka
