Journée Internationale des Peuples Autochtones : Mme Paris Mona , elle-même PA, s’exprime
Kinshasa, le 09 août 2024 (caritasdev.cd) : Le 09 août de chaque année le monde entier célèbre la Journée Internationale des Peuples autochtones (JIPA). Pour cette année 2024, le thème principal est « les Peuples Autochtones ont droit d’être protégés quand ils isolent en situation volontairement de leur milieu de contact initial ». Mme Paris Mona Kapupu est une femme autochtone. Elle est Assistante du Chargé de Communication de la Caritas Congo Asbl. Abordée par caritasdev.cd, elle plaide pour la création d’un fonds national pour garantir le développement et l’intégration des Peuples Autochtones, prévue par la Loi n°22/039 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des peuples autochtones.
Dahlia Mutombo : Voudriez-vous vous présenter brièvement ?
Paris Mona : Je réponds au nom de Paris Mona Kapupu, je suis Assistante du Chargé de Communication de la Caritas Congo Asbl. Je suis une femme autochtone pygmée de la communauté BAMBUTI au Sud-Kivu à l’Est de la RDC, engagée dans la défense des droits des Peuples Autochtones, en particulier des femmes.
Dahlia Mutombo : Quel sens donnez-vous à la Journée Internationale des Peuples Autochtones et quel en est le thème pour cette année 2024 ?
Paris Mona : Cette journée, nous la considérons comme journée de notre d’indépendance. Elle nous rappelle notre historique en tant que peuple victime de discrimination et d’injustice. Cette journée, elle est une occasion qui nous permet de sensibiliser davantage sur notre identité, notre mode de vie, notre culture traditionnelle. Elle nous permet également de faire le plaidoyer pour nos terres, nos forêts qui ont été emparées par d’autres communautés. C’est aussi une occasion pour nous de partager les avancées, les problématiques des autochtones dans notre pays, de rappeler aux communautés internationale et nationale d’honorer l’engagement pour la protection et les droits des peuples autochtones.
Pour cette année, la journée internationale des peuples autochtones se concentre sur la protection des droits des peuples autochtones en situation d’isolement volontaire et de contact initial.
Dahlia Mutombo : La RDC serait-elle sur la bonne voie dans le respect des droits des Peuples Autochtones par la loi les concernant ? Si oui, comment ?
Paris Mona : Nous saluons déjà les efforts de la RDC concernant la reconnaissance de droit de peuples autochtones à travers la Loi n°22/039 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones pygmées. Cette loi propose des innovations très considérables. On peut citer entre autres : la création d’un fonds national pour garantir le développement et l’intégration des peuples autochtones pygmées dans la vie nationale et pour adresser la question centrale du droit à la terre et aux ressources naturelles, à la santé, à la culture et à l’éducation, conformément à notre mode de vie traditionnel, l’accès gratuit à la justice, ...
Par ailleurs, les mesures d’application de cette loi restent encore un défi. Les parties prenantes travaillent déjà sur les pistes des textes de mesures d’application pour sa mise en œuvre.
Nous invitons toutes les parties prenantes à fournir des efforts pour la mise en application effective de ladite loi.
D’autres avancées que nous pouvons signaler, c’est en rapport avec les réformes et politiques qui prennent compte les dépositions de peuples autochtones sur la politique foncière, aménagement du territoire, agriculture,...
Dahlia Mutombo : Quels messages adresseriez-vous aux Communautés Autochtones, aux Autorités publiques à divers niveaux, aux Partenaires au développement et à la population congolaise en général à l’occasion de cette journée. ?
Paris Mona : Pour cette Journée nationale des peuples autochtones est une occasion pour moi de rendre hommage aux peuples autochtones de l’Est de la République qui vivent dans l’insécurité suite des guerres en répétition. Malgré leur nomadisme, ils sont victimes des déplacements forcés de leurs camps. La vie pour ces peuples est devenue très inquiétante. On signale plusieurs cas de décès par des bombes, de maladie à la suite du manque d’accès aux soins pendant qu’ils n’ont plus droit à leur pharmacopée. La forêt où les peuples autochtones trouvent à manger est occupée par les groupes armés. Le thème même de cette année 2024, stipule que les peuples autochtones ont droit d’être protégés quand ils isolent en situation volontairement de leur milieu de contact initial.
La malnutrition fait aussi face par manque de l’alimentation traditionnelle et naturelle. À l’occasion de cette journée, nous demandons aux autorités compétentes et aux partenaires d’avoir un regard particulier à la population autochtone tout en valorisant les actions concrètes visant à améliorer la situation sécuritaire de peuples autochtones.
Propos recueillis par Dahlia Mutombo (Stagiaire Université Révérend Kim)
