Les délégués de Caritas avertissent que l’accord de Belém est loin de répondre à l’ampleur de l’urgence climatique
Rome, le 09 décembre 2025 (caritasdev.cd) : La COP30 s’est achevée à Belém le 22 novembre sur un compromis fragile qui a déçu de nombreux pays vulnérables au changement climatique. Le sommet s’est terminé « dans un murmure » : les progrès réalisés en matière d’adaptation et de transition juste ont offert une lueur d’espoir, tandis que l’échec d’un accord de feuille de route pour la sortie progressive des combustibles fossiles a laissé un vide flagrant au cœur de l’accord.
Les pays se sont engagés à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035 et ont adopté le tout premier mécanisme de transition juste fondé sur les droits, une mesure qui pourrait soutenir les travailleurs, les communautés et les peuples autochtones dans le cadre de la transition mondiale vers l’abandon des combustibles fossiles. Cependant, le sous-financement chronique de l’action climatique a éclipsé les négociations, et la question des pertes et dommages est restée politiquement au second plan.
Caritas Internationalis a envoyé une délégation mondiale à la COP30 pour plaider en faveur des personnes qui souffrent déjà des effets du changement climatique et exhorter les gouvernements à répondre à ce que le Pape François appelle « le cri de la terre et le cri des pauvres ». Le document complet des réflexions de CI peut être téléchargé en cliquant sur le lien ci-dessous :
Réalités sur le terrain : de réels bénéfices dépendent de la mise en œuvre
Malawi, ranked among the world’s most climate-exposed countries, sees potential in the adaptation commitments, but only if promises are honoured.
« La COP30 offre au Malawi et à d’autres pays du Sud la possibilité d’obtenir de nouvelles ressources et un soutien politique plus fort pour la résilience climatique. Si les engagements sont respectés, les pays pourraient accéder à davantage de subventions pour une agriculture résiliente et une protection contre les inondations et les sécheresses. » – Chimwemwe Sakunda Ndhlovu, CADECOM / Caritas Malawi
Dans toute l’Océanie, où la montée des eaux et l’insécurité alimentaire définissent la vie quotidienne, le fossé entre les ambitions et les ressources reste profond.
« Le Pacifique a fait entendre une voix forte et unie, mais le financement reste bien en deçà des besoins de l’Océanie, ce qui oblige les pays à s’endetter davantage. Une fois de plus, le monde n’a pas réussi à s’engager à éliminer progressivement les combustibles fossiles, cause profonde contre laquelle les nations du Pacifique mettent en garde depuis des décennies. Les nations riches doivent commencer à rembourser la « dette écologique » mise en évidence dans Laudato Si’ ». — Kirsten Sayer, Caritas Australie
Adaptation et transition juste
Après des années de négociations, les parties se sont mises d’accord sur 59 indicateurs pour l’Objectif mondial d’adaptation et se sont engagées à tripler le financement de l’adaptation. Cependant, la formulation manque de clarté et les indicateurs ont été finalisés dans le cadre d’un processus précipité qui, selon les experts, pourrait affaiblir la responsabilité.
« Bien que l’engagement pris de tripler le financement soit important, la formulation vague risque d’entraîner une mise en œuvre inégale. Le plaidoyer est essentiel pour garantir un financement de l’adaptation transparent, basé sur des subventions et axé sur les plus vulnérables. Le nouveau Mécanisme de transition juste est une avancée majeure, mais il manque encore de sauvegardes et de processus clairs. » — Gina Castillo, CRS / Caritas USA
Financement : contributions « dérisoires » et engagements retardés
Le point faible du sommet a été le financement. L’échec de la COP29 à fixer un nouvel objectif mondial en matière de financement a jeté une ombre sur la conférence, et avec la réduction de l’aide internationale par les principaux donateurs, les espoirs d’un ensemble de mesures transformatrices se sont évaporés.
« La COP30 n’a pas apporté les fonds dont les pays et les communautés ont besoin. Les contributions aux fonds des Nations unies ont été dérisoires et l’objectif de financement de l’adaptation, repoussé à 2035, est profondément préoccupant. Cependant, le nouveau programme de travail de deux ans sur le financement signifie que la lutte n’est pas terminée. » — Liz Cronin, CAFOD / Caritas Angleterre et Pays de Galles
Les pertes et dommages, bien qu’ils soient devenus opérationnels dès le premier jour, ont souffert du même sous-financement chronique.
« Le lancement du Fonds a été un flop, plutôt qu’une avancée décisive : les promesses de dons, qui s’élèvent à seulement 780 millions de dollars américains, sont douloureusement modestes. L’architecture se renforce, mais les ressources restent bien en deçà de ce qu’exige la justice. Les grands pollueurs doivent de toute urgence présenter de nouvelles promesses de dons importantes. » — Ben Wilson, SCIAF / Caritas Scotland
Justice en matière de dette : une pièce manquante de l’action climatique
Pour de nombreux pays, la dette est aujourd’hui l’un des principaux obstacles à l’investissement climatique. L’appel du Jubilé en faveur de l’annulation de la dette, comme dans la campagne « Transformer la dette en espoir » de Caritas Internationalis, a gagné en popularité lors de la COP30, mais « les parties n’ont pas réussi à explorer la nécessité fondamentale d’annuler les dettes injustes et insoutenables », a observé Dean Dettloff, de Développement et Paix / Caritas Canada.
« Sans résolution de la crise de la dette, l’adaptation et la transition juste stagneront. Comme nous le rappelle le pape François, l’annulation de la dette n’est pas un acte de générosité, mais de justice. » — Dean Dettloff, Développement et Paix / Caritas Canada
Caritas va maintenant passer en revue l’ensemble de l’expérience de la COP30 et se préparer pour la COP31 en Turquie. Mais le message adressé aux gouvernements est clair : l’action ne peut attendre le prochain sommet.
Avec Caritas Internationalis
