Reçu par le Pape, Dr Mukwege plaide pour les femmes et la RDC, victime de la barbarie pour ses richesses naturelles
Rome, le 24 mai 2019 (caritasdev.cd) : « Si nous continuons à faire ce plaidoyer, c'est pour qu'il y ait un mouvement global pour dire tout simplement non à ce que subissent aujourd'hui les Congolais. Et ceci, c’est seulement par rapport à leurs richesses naturelles. Donc, ce n'est pas une guerre tribale qu’on ne vous trompe pas, ce n'est pas une guerre entre religions, ce n'est pas une guerre entre deux entités territoriales ». Ces propos sont ceux de Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, reçu mercredi par le pape François.
Rome, le 24 mai 2019 (caritasdev.cd) : « Si nous continuons à faire ce plaidoyer, c'est pour qu'il y ait un mouvement global pour dire tout simplement non à ce que subissent aujourd'hui les Congolais. Et ceci, c’est seulement par rapport à leurs richesses naturelles. Donc, ce n'est pas une guerre tribale qu’on ne vous trompe pas, ce n'est pas une guerre entre religions, ce n'est pas une guerre entre deux entités territoriales ». Ces propos sont ceux de Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, reçu mercredi par le pape François.
Pour lui, les ressources naturelles de la RD Congo est la cause des conflits qui ensanglante ce pays. « C'est plutôt une guerre tout simplement pour l'exploitation des richesses que Dieu nous a données, les richesses naturelles du Congo , a-t-il déclaré dans une interveiw accordée à Radio Vatican. Il a abordé à cette occasion plusieurs sujets : son travail, la violence et les viols sexuels, la justice réparatrice, la situation socio-politique dans son pays, etc.
Prix Nobel de la paix et gynécologue congolais, Dr Denis Mukwege s’est réjoui de se trouver d'être au Vatican avec « son curé », le père Nicolas avec qui, dit-il, il entretient une très bonne collaboration. Il a souligné que dans la paroisse du Père Nicolas, ce sont les femmes qui remplissent l'église, qui travaillent, qui rendent visite aux malades. « Je pense qu'en fait dans notre société congolaise, on ne saura pas démarrer si on ne donne pas à la femme la place qu'elle mérite. Les femmes sont partout. Que ce soit au marché, au champ, dans le transport ou dans le commerce. Elles font énormément de choses. Malheureusement, on accepte leur travail mais on ne les accepte pas quand il s'agit de faire la répartition du produit de leur travail. Je crois que là, c’est le tort que nous commettons ».
Il estime pour lui qu’il est très important aujourd’hui qu’au Congo, en Afrique et dans le monde, on puisse absolument donner à la femme sa place.
« Je suis médecin gynécologue, obstétricien. Je travaille beaucoup, je fais beaucoup la chirurgie, mais il y a un peu plus de huit ans que, suite à ce que je vivais au bloc opératoire, j'ai soigné les mères, j'ai soigné leurs filles, je commence à soigner leurs petits-enfants et cela n'est pas acceptable pour moi. C'est pour ça que j'ai quitté le bloc opératoire pour essayer tout simplement d'alerter le monde par rapport à ce qui se passe en République Démocratique du Congo », a poursuivi le Prix Nobel de la paix en 2018.
Ce dernier a continué son plaidoyer en rappelant que la RD est un pays martyrisé. Depuis vingt ans, plus de 6 millions de morts, parfois par suite des massacres, par la faim, le manque de soins etc. « Mais, 6 millions de morts, c'est énorme. C’est un pays où aujourd'hui où je vous parle, quatre millions de personnes sont des déplacées internes. Et quand je parle des déplacés internes, ce ne sont pas des gens qui sont dans des camps de réfugiés ou des déplacés internes où on leur donne à manger, où on les soigne ; mais qui sont abandonnés à eux-mêmes et donc abandonnés aussi pour mourir ».
Pasteur dans la Communauté des églises de Pentecôte en Afrique Centrale (CEPAC), Dr Mukwege a dénoncé à ce propos ces barbaries contre « un peuple humilié et un peuple déshumanisé. Quand vous voyez ce que les femmes et les enfants subissent, c’est tout à fait inacceptable ». Il en appelle au nouveau Président de la République de la RDC, Félix-Antoine Tshisekedi de pouvoir s’investir avec volonté pour un changement pouvant amener le Congo dans une bonne direction. Son appel s’est aussi adressé au monde entier pour garantir la paix par la justice.
Grâce Ungey (Stagiaire/IFASIC)
